TOME VI
comparait la hauteur moyenne de neuf heures du matin d'une année, à la hauteur moyenne de trois heures du soir d'une autre année, on aurait une variation diurne, souvent très-fautive, quelquefois même d'un signe contraire à la véritable. Il importe donc, pour déterminer de très-petites quantités, de les déduire d'observations faites le même jour, et de prendre une moyenne entre un grand nombre de valeurs ainsi obtenues. On ne peut conséquemment déterminer le flux lunaire que par un système d'observations faites chaque jour, au moins à trois heures différentes, conformément au système suivi à l'Observatoire.
M. Bouvard a bien voulu relever sur ses registres les observations barométriques du jour même de chaque syzygie et de chaque quadrature, du jour qui précède ces phases, et des premier et second jours qui les suivent. Elles embrassent les huit années écoulées depuis le i*"^ octobre 181 5 jusqu'au 1" octobre 1823. J'ai employé les observations de neuf heures du matin , de midi et de trois heures du soir : je n'ai point considéré les observations de neuf heures du soir pour diminuer, le plus qu'il est possible, l'intervalle des observations. D'ailleurs, celles des trois premières heures ont été faites plus exactement aux heures indiquées que celles de neuf heures du soir, et le baromètre étant éclairé par la lumière du jour dans ces premières heures, la différence qui peut venir de la manière diverse dont les instruments sont éclairés disparaît. En compai^ant à mes formules les résultats de ces nombreuses observations, qui correspondent à i584 jours, je trouve un dix-huitième de millimètre pour la grandeur du flux lunaire atmosphérique, et trois heures et un tiers pour l'heure de son maximum du soir le jour de la syzygie.
C'est ici surtout que se fait sentir la nécessité d'employer un très-grand nombre d'observations, de les combiner de la manière la plus avantageuse, et d'avoir une méthode pour déterminer la probabilité que l'erreur des résultats obtenus est renfermée dans