‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 218 sur 265 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

détermina la parallaxe de la lune , dont il essaya de conclure celle du soleil, par la largeur du cône d'ombre terrestre, au point où la lune le traverse dans ses éclipses; ce qui le conduisit à la valeur de cette parallaxe, trouvée par Aristarque.

Hipparque fit un grand nombre d'observations des planètes; mais, trop ami de la vérité pour former sur leurs mouvements des hypothèses incertaines, il laissa le soin à ses successeurs d'en établir les théories.

Une nouvelle étoile qui parut de son temps lui fit entreprendre un catalogue de ces astres pour mettre la postérité en état de reconnaître les changements que le spectacle du ciel pourrait éprouver; il sentait d'ailleurs l'importance de ce catalogue pour les observations de la lune et des planètes. La méthode dont il se servit est celle qu'Aristille et Timocharis avaient déjà employée. Le fruit de cette longue et pénible entreprise fut l'importante découverte de la précession des équinoxes. En comparant ses observations à celles de ces astronomes, Hipparque reconnut que les étoiles avaient changé de position par rapport à l'équateur, et qu'elles avaient conservé la même latitude au-dessus de l'écliptique. Il soupçonna d'abord que cela n'avait lieu que pour les étoiles situées dans le zodiaque ; mais ayant observé qu'elles conservaient toutes la même position respective, il en conclut que ce phénomène était général. Pour l'expliquer, il supposa dans la sphère céleste, autour des pôles de l'écliptique, un mouvement direct d'où résultait un mouvement rétrograde en longitude dans les équinoxes comparés aux étoiles, mouvement qui lui parut être par siècle de la trois cent soixantième partie du zodiaque. Mais il présenta sa découverte avec la réserve que devait lui inspirer le peu d'exactitude des observations d'Aristille et de Timocharis.

La géographie est redevable à Hipparque de la méthode de fixer la position des lieux sur la terre par leur latitude et par leur longitude, pour laquelle il employa le premier les éclipses de lune.

Les nombreux calculs qu'exigèrent toutes ces recherches lui firent inventer ou du moins perfectionner la trigonométrie sphérique. Malheureusement les ouvrages qu'il composa sur tous ces objets ont disparu : nous ne connaissons bien ses travaux que par T Aimageste de Ptolémée, qui nous a transmis les principaux éléments des théories de ce grand astronome et quelques-unes de ses observations. Leur comparaison avec les observations modernes en a fait reconnaître l'exactitude, et l'utilité dont elles sont encore à l'astronomie fait regretter les autres, et particulièrement celles qu'il fit sur les planètes, dont il ne reste que très-peu d'observations anciennes. Le seul ouvrage d'Hipparque qui nous soit parvenu est un commentaire critique de la sphère d'Eudoxe, décrite dans le poëme d'Aratus : il est antérieur à la découverte de la précession des équinoxes. Les positions des étoiles sur cette sphère sont si fautives , elles donnent pour l'époque de son origine des résultats si difliérents , que l'on ne peut voir sans étonnement Newton fonder sur ces positions grossières un système de chronologie, qui d'ailleurs s'écarte considérablement des dates assignées avec beaucoup de vraisemblance à plusieurs événements anciens.

L'intervalle de près de trois siècles qui sépare Hipparque de Ptolémée nous ofi're Géminus, dont le traité d'astronomie est parvenu jusqu'à nous, et quelques observateurs tels qu'Agrippa, Ménélaûs et Théon de Smyrne. Nous remarquons encore dans cet intervalle la réforme du calendrier romain, pour laquelle Jules César fit venir d'Alexandrie l'astronome Sosygène. La connaissance précise du flux et du reflux de la mer paraît appartenir à cette époque; Possidonius reconnut les lois de ce phénomène, qui par ses rapports évidents avec les mouvements du soleil et de la lune appartient à l'astronomie et dont Pline le naturaliste a donné une description remarquable par son exactitude.

Ptolémée, né à Ptolémaïde en Egypte, fleurit à Alexandrie vers l'an i3o de notre ère. Hipparque avait donné, par ses nombreux

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