LIVRE CINQUIÈME
précession des équinoxes, quoique fort ingénieuse et malgré Taccord apparent de son résultat avec les observations, est défectueuse à plusieurs égards. Dans le grand nombre des perturbations des mouvements célestes, il n'a considéré que celles du mouvement lunaire, dont la plus grande, Tévection, a échappé à ses recherches. 11 a bien établi l'existence du principe qu'il a découvert; mais le développement de ses conséquences et de ses avantages a été l'ouvrage des successeurs de ce grand géomètre. L'imperfection du calcul infinitésimal à sa naissance ne lui a pas permis de résoudre complètement les problèmes difficiles qu'oiïre la théorie du système du monde, et il a été souvent forcé de ne donner que des aperçus toujours incertains, jusqu'à ce qu'ils aient été vérifiés par une rigoureuse analyse. Malgré ces défauts inévitables, l'importance et la généralité des découvertes sur ce système et sur les points les plus intéressants de la physique mathématique, un grand nombre de vues originales et profondes qui ont été le germe des plus brillantes théories des géomètres du dernier siècle, tout cela, présenté avec beaucoup d'élégance, assure à l'ouvrage des Principes la prééminence sur les autres productions de l'esprit humain.
Il n'en est pas des sciences comme de la littérature : celle-ci a des limites qu'un homme de génie peut atteindre, lorsqu'il emploie une langue perfectionnée. On le lit avec le même intérêt dans tous les âges, et sa réputation, loin de s'affaiblir par le temps, s'augmente par les vains efforts de ceux qui cherchent à l'égaler. Les sciences, au contraire, sans bornes comme la nature, s'accroissent à l'infini par les travaux des générations successives : le plus parfait ouvrage, en les élevant à une hauteur d'où elles ne peuvent désormais descendre, donne naissance à de ncfuvelles découvertes , et prépare ainsi des ouvrages qui doivent l'effacer. D*autres présenteront sous un point de vue plus général et plus simple, les théories exposées dans le livre des Principes, et toutes