LIVRE PREMIER
dans le vide, ou à une pression insensible de Tatmosphère. Pour retrouver le mètre dans tous les temps, sans être obligé de recourir à la mesure du grand, ace qui Ta donn»é, il importait de fiser son rapport à la longueur du pendule à secondes : cet objet a été rempli par Borda de la manière la plus précise.
Toutes les mesures étant comparées sans cesse à la monnaie, il était surtout important de la diviser en parties décimales. On a donné à son unité le nom de franc d'argent ; sa dixième partie s appelle décime et sa centième partie, centime. On a rapporté au franc les valeurs des pièces de monnaie de cuivre et d*or.
Pour faciliter le calcul de Tor et de l'argent fin , contenus dans les pièces de monnaie, on a fixé Talliage au dixième de leur poids, et Ton a égalé celui du firanc à cinq grammes. Ainsi le franc étant un multiple exact de Tunité de poids , il peut servir à peser les corp8>^ ce qui est utile au commerce.
Enfin, Tuniformité du système entier des poids el mesures a exigé que le jour fût divisé en dix heures, Theure en cent minutes et la minute en cent secondes. Cette division, qui va devenir nécessaire aux astronomes, est moins avantageuse dans la vie civile, où Ton a peu d'occasions d'employer le temps comme multiplicateur ou comme diviseur. La difficulté de l'adapter aux horloges et aux montres , et nos rapports commerciaux en horiogerie avec les étrangers, ont fait suspendre indéfiniment son usage. On peut croire cependant qu'à la longue la division décimale du jour remplacera sa division actuelle, qui contraste trop avec les divisions des autres mesures pour n'être pas abandonnée.
Tel est le nouveau système des poids et mesures que les savants ont ofiert à la Convention nationale, qui s'est empressée de le sanctionner. Ce système, fondé sur la mesure des méridiens terrestres, convient également à tous les peuples. Il n'a de rapport avec la France que par l'arc du méridien qui la traverse. Mais la position de cet arc est si avantag<^ ^^ les savants de
toutes les nations, réunis pour fixer la mesure universelle, n*eu5sent point fait un autre choix. Pour multiplier les avantages de ce système et pour le rendre utile au monde entier, le gouvernement français a invité les puissances étrangères à prendre part à un objet d'un intérêt aussi général. Plusieurs ont envoyé à Paris des savants distingués, qui, réunis aux commissaires de Tlnstitut national, ont déterminé, par la discussion des observations et des expériences, les unités fondamentales de poids et de longueur; en sorte que la fixation de ces unités doit être regardée comme un ouvrage commun aux savants qui y ont concouru et aux peuples qu'ils ont représentés. Il est donc permis d'espérer qu'un jour ce système, qui réduit toutes les mesures et leurs calculs à l'échelle et aux opérations les plus simples de l'arithmétique décimale, sera aussi généralement adopté que le système de numération dont il est le complément, et qui, sans doute, eut à surmonter les mêmes obstacles que les préjugés et les habitudes opposent à l'introduction des nouvelles mesures; mais, une fois introduites, ces mesures seront maintenues par ce même pouvoir, qui, joint à celui de la raison , assure aux institutions humaines une éternelle durée.