‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 74 sur 265 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

diffère en ce que les astres ont la même position que le soleil sur la première circonférence, au lieu que, sur la seconde, ils sont moins avancés que lui de cent degrés. C'est par là que Ton peut distinguer ces deux mouvements, et que l'on s'est assuré que le premier est au moins extrêmement petit, l'immense distance où nous sommes des étoiles rendant presque insensible l'angle que soutend le diamètre de l'orbe terrestre vu de cette distance.

L'axe du monde n'étant que le prolongement de l'axe de rotation de la terre, on doit rapporter à ce dernier axe le mouvement des pôles de l'équateur céleste indiqué par les phénomènes de la précession et de la nutation, exposés dans le chapitre xiii du premier livre. Ainsi, en même temps que la terre se meut sur elle-même et autour du soleil, son axe de rotation se meut trèslentement autour des pôles de l'écliptique, en faisant de très-petites oscillations dont la période est la même que celle du mouvement des nœuds de l'orbe lunaire. Au reste, ce mouvement n'est point particulier à la terre; car on a vu, dans le chapitre iv du premier livre, que l'axe de la lune se meut dans la même période autour des pôles de l'écliptique.

CHAPITHE IV.

DES LOIS nu MOUVEMENT DES PLANÈTES AUTOUR Dl SOLEIL ET DE LA FIGl'RE

DE LEfîRS ORBITES.

Rien ne serait plus facile que de calculer, claprès les données précédentes, la position des planètes pour un instant quelconque, si leurs mouvements autour du soleil étaient circulaires et uniformes; mais ils sont assujettis à des inégalités très-sensibles dont les lois sont un des plus importants objets de rastronomie, et le seul fil qui puisse nous conduire au principe général des mouvements célestes. Pour reconnaître ces lois dans les apparences que nous offrent les planètes, il faut dépouiller leurs mouvements des efi'ets du mouvement de la terre, et rapporter au soleil leur position observée des divers points de l'orbe terrestre; il est donc nécessaire, avant tout, de déterminer les dimensions de cet orbe et la loi du mouvement de la terre.

On a vu dans le chapitre ii du premier livre que l'orbe apparent du soleil est une ellipse dont le centre de la terre occupe un des foyers; mais, le soleil étant réellement immobile, il faut le mettre au foyer de l'ellipse et placer la terre sur sa circonférence : le mouvement du soleil sera le même, et, pour avoir la position de la terre vue du centre du soleil, il suffira d'augmenter de deux angles droits la position de cet astre.

On a vu encore que le soleil paraît se mouvoir dans son orbe de manière que le rayon vecteur qui joint son centre à celui de la terre trace autour d'elle des aires proportionnelles aux ten[ip3; mais, dans la réalité, ces aires sont tracées autour du soleil. En général, tout ce que nous avons dit, dans le chapitre cité» sur

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