LIVRE III, CHAP. VIII
Prâsilde alloient être accablés, si l'armëe persane ne fût arrivée fort à propos pour les défendre. Une des dames de la reine, dès le commencement du combat, avoit couru lui porter l'ordre de marcher en diligence.
Les Persans firent d'abord une irruption si vive sur les troupes du Cathay, qu'ils les culbutèrent sur les Indiens, qui s'ébranlèrent malgré leurs commandants. Pour surcroît de malheur pour Galafron, les rois Torinde, Uldan et Saritron vinrent le charger avec le gros corps de Tartares et de Carismiens qu'ils avoient rassemblés après la défaite de l'armée d'Agrican. Quelque résistance que pussent faire Adrian, Balan et leurs compagnons , ils furent obligés de se réfugier dans Albraque, comme toUs les autres de leur parti. Les Persans dédaignèrent de les poursuivre, et se rangèrent autour de leur reine , qui traita favorablenftnt les rois Torinde, Uldan et Saritron ; Torinde surtout, dont elle estimoit le coiirage. Elle lui demanda par quel bonheur elle avoit acquis son amitié, et pourquoi il n'étoit plus dans les inlérêts de Galafron et d'Angélique.
Lâ-dessus le roi de Carisme raconta tout ce qui s'étoit passé dans Âtbraque au sujet de Trufaldin. Hé quoi ! s'écria Marphîse avec indignation, ce lâche roi du Zagathay Voit encore le jour? Ah! généreux Torinde, je me charge de vous venger! Grande reine, dit alors le seigneur de Montauban , ne vous abaissez poi^t à faire rougir vos armes d'un sang si vil ; c'est à moi de poursuivre le châtiment de cet indigne monarque. Le paladin, pour augmenter l'horreur qu'on avoit déjà de Trutaldin , fit un rapport fidèle de tout ce qu'il avott vu dans la caverne de Rabican, et tout le monde applau-
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dit au serment qu'il avoit fait de venger la mort tragique d'Albarose. La reine Marphise surtout fut si pénétrée du récit touchant que Renaud fit de cette histoire, qu'elle jura de ne point s'éloigner d'Âlbraque qu'elle ne vît le perfide Trufaldia puni. Cette princesse embrassa ensuite te fils d'Aymon, et lui demanda son amitié , en lui disant qu'elle n'avoit point trouvé de chevalier plus digne de son estime.