‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 16 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Combat de Ferragus et d'Argail.

' Ces deux princes, c[ui ne le cédoient en force et en valeur, ni au seigneur de Montauban, ni au comte d'Angers même, se joignirent à pied comme ils étoient La fureur éclatoît dans leurs mouvements. Jamais deux fiers lions dans les forêts d'Hircanje ne fondirent l'un sur l'autre avec plus d'impétuosité. Ils se frappent sans mesure et sans relâche. L'air autour d'eux paroît tout en feu par les étincelles que leurs coups pesants et redoublés excitent et font sortir de leurs armes. Les échos des environs en résonnent. On entendoit le même bruit que font deux nuées grosses de foudres et de tempêtes en se choquant avec fracas.

Le prince du Cathay, qui voit encore -sur pied son orgueilleux ennemi qui le brave , en frémit de courroux. 11 décharge de toute sa force un coup d'épée sur sa tête nue, et croit avoir terminé sa querelle; mais il fut bien surpris de s'apercevoir que son épée, au lieu d'être teinte du sang dont il se sentoil si altéré , étoit encore claire et luisante, et qu'elle trouvoit même une résistance qui la faisoit bondir en l'air. De son côté , Ferragus s'étoit abandonné sur Argail ; et ne doutant pas qu'il n'allât le fendre en deux : Chevalier, lui dit-il,

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