CHAPITRE VII
Commencement des joutes.
Pehdaict que les trois plus grands guerriers de la terre s'empressoient de suivre la princesse du Cathay , les chevaliers du tournoi se prëparoient à commencer les joutes. L'empereur en avoit réglé les conditions; il avoit été décidé que celui qui se présenteroît le premier sur les rangs seroit regardé comme le tenant; que le chevalier qui l'abattroit le deviendroil à son tour, jusqu'à ce qu'un autre lui fît aussi perdre les arçons, et qu'enfin le tenant , qui demeureroit le dernier , remporteroit le prix Et ta gloire du tournoi.
Le courageux Serpentin, fils du roi Balugant, parut le premier sur la lice. Il s'y présenta de la meilleure grâce du monde. Son air étoit noble et 6er, et ses armes si riches, qu'elles attirèrent les regards de tout le peuple. Il portoit au milieu de son écu une étoile d'or en champ d'azur. Il montoit le plus beau cheval que l'on pût voir. C'étoit un andalouz bai-brun à crins noirs, qui montroit tant d'ardeur et d'action dans ses allures, qu'on eût dit que toute la carrière n'étoit que pour lui. Ses yeux paroissoient tout de feu, et sesnazeaux, grands et ouverts, jetoient une épaisse fumée. Ilfrappoît la terre d'un pied superbe, et son mordsétoittoutblancd'écume.
Un chevalier de la cour assez fameux , Angelin de Bordeaux, qui portoit pour devise une lune en champ' dé gueules, fut le premier assaillant. Serpentin et lui
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