LIVRE I, CHAP. XXI. lai
mais Astolphe le retenant : Tout beau, sire chevalier, lui dit-il, 1^ autres sont libres, vous seul ne l'êtes pas, vous demeurez prisonnier. De qui , s'écria le Mayençois? D'Astolphe , repartit l'Anglois. Gaues ne savoit que ré* pliquer, et le roi de Séricane augmenta sa confusion par le récit fidèle qu'il fît de son combat avec le prince d'Angleterre. Lorsque Gradasse eut cessé de parler, Astolphe prit Ganelon par la main; puis, fléchissant le genou devant Cbarlemagne, il adressa ces paroles à cet empereur :
Selgneur,jeveuxbien, pour l'amour de vous, accorder au comtesa liberté , à condition qu'il jurera tout à l'heure Mitre vos mains qu'il sera désormais fidèle et loyal; et, comme il ne lui est pas nouveau de se paqurer, ordonnez que s'il lui arrive de commettre quelque nouvelle perfidie, il me sera permis de le faire lier et enfermer dans tel lieu que je voudrai choisir. L'empereur lui accorda sa demande, et obligea Ganes de faire le serment requis.
Les prisonniers reprirent le chemin de Parb, où l'on ne sut pas plutôt ce qui s'étoit passé, que toute la ville retentit du nom d'Astolphe. Dès qu'on te vit paroitre, tout le peuple courut après lui; les dames te caressent, les grands l'embrassent, chacun publie ses louanges, et l'empereur, pour l'obliger à demeurer dans sa cour, lui ofîfrit toute llrlaude; mais le prince d'Angleterre ne se laissa point fléchir; il persista toujours dans la résolution d'aller chercher son cousin Kenaud et le comte d'Angers. Pour Gradasse , il partit dès la nuit même avec les Sarrasins; il repassa par l'B^jagne <ùi il avoit laissé ses vaisseaux, et où MarsUle avec ses
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Espagnols s'arrêta. Mais laissons l'un remonter sur sa grande flotte pour reprendre la route de ses royaumes , et l'autre rétablir ses états des ravages affreux que l'invasion des Orientaux y avoient causés. Retournons au seigneur de Montauban,