CHAPITRE III
Quellefut lajlnd'uiie aventure si périlleuse pour Renaud.
Le monstre ne tarda guère à venir chercher sa proie. Quelle figure effroyable ! Il surpassoit un boeuf en grandeur; sa tête ressembloit à celle d'un dragon , sa gueule, toujours sanglante, avoit oinq pieds d'ouverture, et ses dents étoieDt comme celles du plus affreux crocodile que ie !Nil ait enfanté sur ses bords. Il avoit tout le corps d'un centaure; mais ses bras étoient armés d'ongles crochus qui perçoient le plus dur acier; et la peau du sanglier d'Érimante étoit moins dure que la sienne. Cependant le courageux guerrier s'approcha d'un pareil monstre, sans faire paroître la moindre crainte.
La cruelle bête fondit sur lui la gueule béante pour l'engloutir. Renaud évita son approche en sautant à quartier, et lui déchargea Flamberge sur le museau sans y faire qu'une très légère impression. Le monstre revint à la charge, et voulut le déchirer de ses ongles crochus ; mais le paladin lui allongea dans l'estomac une estocade, qui, bien qu'elle ne put entrer, obligea l'animal à reculer de quelques pas. Cette terrible bête revint à la vérité sur lui, arracha une partie de ses armes, puis se servit de ses ongles et de ses dents avec tant de furie, qu'en peu de moments le sang du chevalier couloit de tous les endroits de son corps.
Quoique le seigneur de Montauban se vît si cruelle-
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