‹ Œuvres de Le Sage (volume 2)Chapitre 86 sur 253 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le prince Astolphe arrist au Cathajr; eommsnt il s'introduisit dans le château d'Albraque, et de quelU ntamère il jrjitt reçu par la belle jfagéliqiu.

ht Bis d'Othon fut bimtôt en é(at de ne plus craindre l'attaque de son redoutable cousin, qu'il appréh^doit plus que la foudre : il étoit hardi avec tout autre, et son courage alloit même jusqu'à U téménté; aiûs it ne voulott point avoir affaire au camla, dont Uconnoissoit toute la force. U prit sa route vers l'orient , laissant à regret daw le péril soacoapagDOD Brandimart. Pour Roland , dès qu'il s'aperçut que sa poursuite étoît vaiue , il retourna au jardin de Dragontine, et y rentra par la même porte qu'il en étoit sorti.

On y combattoit encore; Clarion et Balan étoient tous deux aux prises avec Brandimart, et ne pouvoient rien gagner sur lui. La teudre Fleur-de-Lys souffroit de toufi les eoups-qu'îl recevott; et lorsque Roland, de qui la raison continutùt d'être troublée , vint se joindre aux chevaliers de Dragontine, ell» ne fut plus maitresse de sa douleur; elle oria k son am^ de cesser de combattre , le menaçant de s'aller jeter sous le tranchant des épées et sous les pieda des chevaux, ptour a'épargneir, en moiirant la première, le supplice de lui voir rendre les derniers soupira; elle lui dit qu'il va* loit mieux qu'il se soumît à la magicienne, et bût de la Uquflur «nchantée, puisqu'il ne pouvoit sortir de ce.

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i6o ' ROLAND L'AMOUREUX,

lieu qu'à ce prix; qu'au reste, elle l'assuroit qu'il n'y (lemeureroit pas long-temps, et qu'elle reviendroit le délivrer au premier jour.

L'amoureux Brandimart , effrayé de la crainte et des menaces de son amante , se soumit à la coutume du lieu, et but de l'eau du fleuve de l'Oubli. Dès ce moment , il n'espère et ne craint plus rien ; il devient insensible à la honte comme à la gloire , ^t ses yeux méconnolssent même l'objet de son amour. O doux breuvage qui a la vertu de suspendre les peines des cœurs amoureux! que la belle princesse du Cathay eût été heureuse de pouvoir emprunter ton secours !

Fleur-de-Lys voyant son amant hors de danger de perdre la vie, partit pour aller exécuterle dessein qu'elle méditoit en sa faveur. D'un autre côté , Roland , uniquement occupé de Dragontine , s'excusoit à ses genoux d'avoir laissé échapper le chevalier qu'il venoit de poursuivre.

, Cependant leprince Astoiphe continuoit son chemin ; il ralentit lA course de Bayard , d'abord qu'il vit que le comte d'Angers ne le poursuivoit plus; et il se mit à rêver aux moyens de secourir ce paladin, dont l'état lui faisoit pitié ; il ne voyoit que le fils d'Aymon qui pût obliger Dragontine à le désenchanter. La difficulté étoit de savoir où ij pourroit trouver Renaud. Il se ressouvint de lavoir vu épris d'une forte passion pour Angélique, et il jugea que la violence de son amour pouvoit l'avoir attiré au Cathay; car il ignoroit que l'eau de la fontaine de Merlin eût changé son cœur : prévenu de cette opinion, il prit la route de ce royaume. Il étoit alors sur les frontières de celui d' Astracan ; il alla passer le Heuve

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