‹ Œuvres de Le Sage (volume 3)Chapitre 240 sur 328 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Çtteljia le succès de c^dtefourèerie.

}£ ne passai pas le dimMiehe sans inquiétude : je craignois qu'il n'arrivât quelque contre-temps qui fk échouer notre entreprise; mais mon coi^fident ayant été te soir au rendez-vous, revint plein de J6ie m'aimonoer que tout avoit été fait comme je le désè^ois^ etqu'Aigtii^ lera se préparoit à bien jouer son persoimaige le je^r suivant. Ce raf^ft rendit mon esprit plus tranquille , et me fit attendre |>lus patiemmient l'heure de paro^re ^vant le banquier.

Sitôt qu'elle fat vemie, je me «rendis clbez ki, il étoit seul dans sa boutiqtie. Après l'avoir salué- fort poliment, je lui dis que je le priois de me rendre <ce que }e lui avois apporté quelques jours aupai^vant. Il me demanda , d'un air étonné, ce que je lui avois J^ porté. Eh! paii>leu^, lui dis-je, cet or et cet argem que

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je vou^ ai coofië, Qael or et quel sffgeat, répondit-il ? Oh! oh 1 repris-je , vou$ verrez 4jiiô f'auimi réye cela ; sur mon âme, celui-là u'e^t pas mauyaiis, CeluiUa est encore meilleur , repartit le baiMfuîer^ de yaaimr qne je rende ce qu'on ne m'a poimtdoiiQié. Cessons^ lui dis* je, s'il vous plak,oessons de badiner; cefcadinage n'est pas de mon goût Cesit voiMs-jnéme qui wom égayez , me dît-il. lo me souviens bien que ces jours paœés vous vioites dans ma boutique, et qu'une heure après vous* deviez mettre en dépôt chez moî dcMize mille firanes ; mais vous m'avez manqué de parole^ C'est vous , lui répliquairje, qui mimquez de mémoire : je vous les ai mis entre les mains, et je ne sortirai pas d'ici que vous ne me les ayez rendus dans les mêmes esfièees que je vous lésai livpés. fîaasez votre, chemki,s'écri^t-il, vos discours commencent à m'iaipatienter;4e ne vous eoor nots point, et je n'ai jamais eu rien qui fût à vous : allea chercher vigtre argent où vous l'avez porté.

Comme de moment ^1 momenft nous le pnenions^ le banquier et moi, sur un ton fim haut^ tous les voisins prêloictnl: une oreille âttmtive à notre contestation^ et les passants s'ajorêtoitut; ponr nous écouter, se demandant k» uns aux aul;res le aujet de notne ^spute. Pour l«e6 » instruire je menus à cswà lieîiie tête lOtinâre? o voleur mfâme ! que la fustîee 4e D»en et ceBe Au^ hommes s'uni»»ent peiur te punir! Quand^ ^e t'a» confié mes pis^oles et mes éous isa iin'as teçu kiesk gc»cieusement, et au§ourd'Iuii que je viens ite prier.de me W rendre, ta feins de ne savoir.^ je sims, tet tn prends le. parti de nier effrontément le dépôt : fai^^ie ioufir l'heure apporter sur cette table , o» je fe r;arracherat

iy2 GUZMAN D'ALFARAGHE.

de rame ! Le banquier , de son coté , m'apostrophoit dans les termes que je méritois , et des injures y insen-* fiiblement nous en vînmes aux voies de fait. II voulut me chasser de sa boutique en me poussant rudement par les épaules. Je le repoussai d'uAe si grande force que je le jetai par terre. Alors Aguilera vint fondre sur moi d'un air furieux , et me donna quelques gourmades , que je lui rendis , de façon que plusieurs spectateurs ^ de notre combat furent obligés d'entrer dans la boutique pour nous séparer. Le commis, se voyant retenu par des personnes qui l'empêchoient de me rejoindre, se débattoit entre leurs mains comm& im possédé ; et moi , les yeux étincelants de rage et la bouche écumante , je le défiois de m'approcher.

Il y avoit déjà près d'une heure que cela duroit , lersque le bargi^llo, par hasard , ou peut-être parce que quelqu'un l'avoit été avertir de ce qui se passoit, parut, et fendant la presse, arriva dans la boutique. Il demanda d'aboril le sujet de notre différend. Je voulus aussitôt le lui conter , et le banquier prit en même - temps la parole pour dire aussi ses raisons. Le bargello nous fit taire tous deux; puis s'étant informé qui étoit le plaignant, il me dit de parler le premier, et qu'après cela il donneroit audience à mon adversaire. A ces mots, un grand silence succéda au bruit : tous les assistants se préparèrent à m'écouter. Il y a six jours, dis-je au bargèllo\ que je vins dans cette boutique sur les dix heures * du matin ; je priai le seigneur Jérôme Plati de trouver bon que je remisse entre ses mains une somme assez considérable d'argent dont j'étois chargé, et que je ne croyois pas trop en sûreté dans Thôtellerie où je suis

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