LIVRE y, CHAP. V. 5o
la nuit, quatre hoiiîmes qui servoient dan^ la galère de Fayello, vinrent de la part de cet officier enlever les deux grands coffres. Nous laissâmes les deux autres dans Thôtellerie pour le payement de Thote, à qui je fis dire, par mon majordome , de n'être point en peine de moi; que j'allois souper ce soir-là chez un colonel de mes amis, où je pourrois jouer, et passer la nuit tout entière. Nous gagnâmes enfin le port et la galère de notre capitaine, lequel m'attend oit avec beaucoup d'inquiétude. Urne demapda d'abord des nouvelles de.mon affaire d'4ionneur. Je suis content, lui répondis-je d'un air gai; tout s'e$t passé comme je le désîrois. J'en ai une extrême joie, me dit-il; car je vous avouerai que j'étoîâ fort in(|uiét, l'événement des entreprises étant toujours incertain. . < ; ♦ ♦ » . .
Cet offîâer m'avait fait préparer une petite chanibce dans laquelle il /iptè fiti entrer, et où je trouTai^mes deut coffres rangés 9 avec» une table couverte démet» délicats. Nous nous y assîmes; et, aprèfi kvoir bien soupe, BOUS nous oouohâmes pour prenâveiquelquerrepos; mais il nous fut impossible de doi^ii^. Les soins diiyexs dont Favello étoit chargé agitoient ses esprits, et la crainte qui troubloit les miens ne me laiasoit pas un moment de tranquillité. Je mourois de peur qu'un maudit vent contraire ne nous retint dans le port, et ne donnât âmes parents tout le. loisir d'être informés de ma fuite, et d'obtenir un ordre du sénat pour m« firire arrêter. Cependant mes alarmes furent vaines. A la pointe du jour, j'entendis un bruit qui m'annonça le départ des galères. Je regardai par le trou de ma chambre, et j'aperçus avec plaisir toutes les chiourmesqui coramen-
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çèrent à ramer jusqu'à ce que nous fussions hors du port. Alors, profitant du vent, qui ne pouvoit être plus favorable qu'il rétoit, nous mîmes à la voile, et fîmes bien du chemin en peu de temps.