CHAPITRE VI
Guzman , après asfoir volé ses parents , s* étant embarqué pour repasser en Espagne , court risque dépérir^ étale malheur de perdre Sajravedra.
Nous avions déjà doublé le cap de Noli, quand le capitaine vint m'apprendre cette nouvelle; et il me dit que si le vent ne changeoit point de trois jours , nous ferions un agréable voyage. Nous allâmes mouiller à Monaco; et le lendemain nous étant remis en mer avec un vent qui nous flattoijt , nous gagnâmes les îles d'Hières , où nous passâmes, la nuit; le troisième jour nous donnâmes fond vers le château d'If, à la vue de Marseille ^ et le quatrième nous rendîmes le bord à Roses.
Je me réjouissois d'une si heureuse navigation , quand mon valet troubla ma joie en venant m'apprendre que Sayavedra avoit le mal de mer, et se sentoit très malade. Je courus à lui sur-le-champ , et je le trouvai en effet attaqué d'une fièvre «assez violente; j'en fus fort affligé : néanmoins, comme j'espérois que nous serions bientôt à Barcelonne , et que là il recevroit du soulagement, cette espérance me consoloit. Le cinquième jour se montra bien différent des autres; il nous parut