CHAPITRE IX
De la résolution du P<^tugal^ et de la (Hsgréce du comte-^due.
Ëyénementsplus forts que toutes leà combinaisons. — Retraite forcée.
Peu de jours après* k retour du roi, il se répandit à Madrid une fâcheuse nouvelle : on apprit que les Portugais, régardant la révolte des Catalans comme une belle occasion que la fortune leur offroit de secouer le joug espagnol, s'en étoient saisis; qu'ils avoient pris les armes, et choisi pour leur roi le duc de Bragance; qu'ils étoient dans la résolution de le maintenir sur le trône, et qu'ils comptoient bien de n'en pas avoir le démenti, l'Espagne ayant alprssurks bras des ennemis en Allemagne, e^i Italie, en Flandre et en Catalogne. Ils ne pouvoient effectivement trouver une conjoncture plus favorable pour s'affranchir d'une domination qu'ils détestoient.
Ce qu'il y a de singulier, c'est que le comte-duc , dans le temps que la cour et la ville paroissoient consternées de cette nouvelle, en vouluj plaisanter avec le roi aux dépens du duc de Bragance ' ; mais les traits railleurs
' ' «. On craignoit d'apprendhre à Philippe ly la nouTelle dé la révolution de Portugal. Le duc d-Oliyarès s'en chargea; et» se présentant ayec un yisage ouvert et plein de confianee : « Sire> lui (Ët-il, la » tète a tourné au duc de Bragance ; il vient de se faire prodailier » roi. Sa folie tous vaut une confiscation de douze millions.» Philippe se contenta de r^ondre : « Il y faut mettre «rdre: » {^Aiwcd9teê espagnoles , i64o. )
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déplacés tournent ordinairement contre ceux qui les oui lancés. Philippe, bien loin de se prêter à ses mauvaises plaisanteries, prit un air sérieux qui le déconcerta et lui fit pressentir sa disgrâce. Ce ministre ne douta pluÀ de sa chute quand il apprit ({ue la reirtë s'étoit ouvertement déclarée contre lui , et qu'elle l'accusoit hautement d'avoir, par sa mauvaise administration, causé la révolte dut^ortugal. La plupart des grands, et surtout ceux qui dvoidnt été à Saragosse, n% s'aperçurent pas plus tôt qu'il se farmoit <2kn bra^e sur la teté du cemte-duc, qu'ib se joignirent à la reine ^; et, ce qui porta te détwer fcoup à te faveur^ c'est que li duchesse don^iiièi'e de Mantode, ci-devàut gouveraahté de Portugal , revint de Lisbonne àMàdrid ^ et fit voirckirement au réi que la révôlulion dé ce i^yauiae n'étoit al*rivée que par la faute de sto premiet* ministre.
Les discours de cette pi^incesse firent toUtls l'irni^res- .sion qu'ils pouvoieAt faire sur l'esprit du monarc^ue , qui , revenant enfin de aoii entétisméht pour son favori , se dépouilla de toute l'àlftoctièh qu'il nvoit pou)' lui. Lorsque ce ministre fut informé que le roi éeoûtoit ses eniiemis^ il s'avisa de lui écrire un biltet pôiir lui demander k permission de ^e déniettre de ^n emploi , et de s'éloigner de la eôur^ puisqu'on Wi faisoit l'iujus-
' « La reine mit la dernière main à la disgrâce d*01ivarès , en f>a- Toissaflftiiaigiiéedelarhies deTiàxitPkili|^, avec son fils qu'eUé teuoit jyar ia m«in. « Voiii, dit-dlév ntolre iéiil fils ; il ésl knenacéde devéttir « lé fiifais {ianviîè ^entiUidmme 3e i*£arop«i si tous n'écartez de& af^ « fa-'its un iminstre ^i a mis la manardue à deai dotgls de saroâie. » Oh« avoit niëme en rfecolars à b ncntmce du toi , et elle osaibi dire : « Quoi! ii'est<4lpas temps qa'à vdtre âge Toàj serties de tatelie? » ( anecdotes espagnoles, i643. )