CHAPITRE XIII
Du retour de Gil Bios dans son château. De la joie quil eut de trouver Séraphine sa filleule nubile , et de quelle dame il des^int amoureux.
Portrait de deux aimables personnes. — Projeu d'hymen.
J'employai quinze jours à me rendre à Lirias , rien ne m'obligeant d'y aller à grandes journées ; tout ce que je souhaitois, c'étoit d'y arriver heureusement; et mon souhait fut exaucé. La vue de mon château m'inspira d'abord quelques pensées tristes , en me rappelant le souvenir d'Antonia : mais je sus bientôt m'en distraire , ne voulant m'occùper que de ce qui pouvoit me faire plaisir, outre que vingt-deux ans, qiii s'étoient écoulés depuis sa mort, en avoient fort affoibli le sentiment.
Sitôt que je fus entré dans le château , Béatrix et sa fille vinrent me saluer d'un air empressé; ensuite le père, la mère et la fille s'accablèrent d'accolades avec des transports de joie qui mq charmèrent. i4>rès tant d'embrassements , je dis, en regardant s^vec attention ma filleule, que je trouvai fort aimable : Ëst-upossible que ce soit là cette Séraphine que je laissai au berceau quand je partis de Lirias ? je suis ravi de la revoir si grande et si jolie ; il faut que nous songions à l'établir. Comment donc, mon cher parrain, s'écria ma filleule en rougissant un peu de mes dernières paroles, il n'y