LIVRE VII, CHAP. VIII. 6j
Je jugeai que cette actrice devoit être celle en faveur de gui le marquis de Mariai va s'étoit déclaré avant que d'avoir vu son Estelle , et ma conjecture ne fut que trop vraie. A la fin de la pièce je conduisis Laure à son domicile , où j'aperçus en arrivant plusieurs cuisiniers qui préparoient un grand repas. Tu peux souper ici , me dit-elle. Je n'en ferai rien, lui répondis-je; le marquis sera peut-être bien aise d'être seul avec vous. Oh! que non, reprit-elle; il va venir avec deux de ses amis et un de nos messieurs ; il ne tiendra qu'à toi de faire le. sixième. Tu sais bien que chez les comédiennes les secrétaires ont le privilège de manger avec leurs maîtres. Il est vrai, lui dis-je, mais ce seroit de trop bonne heure me mettre sur le pied de ces secrétaires favoris. Il faut auplaravant que je fasse quelque commission de confident pour mériter ce droit honorifique,. En parlant ainsi, je sortis de chez Laure, et gagnai mos auberge, oîi je comptois d'aller tous les jours, puisque mon maître n'avoit point de ménage.