‹ Œuvres de Le Sage; avec notice et notesChapitre 32 sur 151 · SCÈNE XV I · texte numérisé non relu

SCÈNE XV I

CRISPIN, >/^/

J'avois bien affaire auffi d'aller lui parler de ce maudit foufflet. Mais le vin eft tiré, il faut le boire. Allons, Crifpin, anime-toi. Après tout, ton ennemi n'a peut-être pas plus de cœur

qu'un autre , quand il verra une épée nue , il aura autant de peur que toi. Pourquoi non ? Faifons-en l'épreuve. Çà, repréfentons-nous que je le rencontre. Parlons-lui d'un ton de grenadier : Ah ! te voilà, pendart, te voilà!... (// change de ton.) Je vous demande pardon , monfieur Crifpin. J'étois ivre quand je vous ai fouffleté. [D'un ton rude.) Tu étois ivre, maraud ! Ha, ha ! Voici de mes gens qui ne font braves que lorfqu'ils ont bu ! Mets l'épée à la main , gueux, & défends toi... {Il allonge des ejlocades.) Tic, tac... Sa lame efl bonne, & il fe défend bien; mais j'en viendrai à bout. Pare-moi celleci : une, deux, trois, paf! tiens, miférable , vas te faire panfer... {D'un ton pleur eiir.) Ah! vous m'avez crevé un œil... {D'un ton rude.) Bon ; tant mieux, méchant borgne ; je veux t'arracher l'autre. Il faut mourir.

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