‹ Œuvres de Le Sage; avec notice et notesChapitre 59 sur 151 · CRISPIN, LABRANCHE · texte numérisé non relu

CRISPIN, LABRANCHE

Enfin il efl parti.

CRISPIN

Je refpire.

154 CRISPIN

LABRANCHE

Nous avons eu une alarme affez chaude. Je mourois de peur que monfieur Oronte ne nous furprît avec ton maître.

CRISPIX.

C'eft ce que je craignois auiïi ; mais comme nous n'avions que cela à craindre, nous fommes afîurés du fuccès de notre projet. Nous pouvons à préfent choifir la route que nous avons à prendre ? As-tu arrêté des chevaux pour cette nuit ?

LABRANCHE regardant de loin.

Oui.

CRISPIN

Bon. Je fuis d'avis que nous prenions le chemin de Flandres.

LABRANCHE regardant toujours.

Le chemin de Flandres ; oui, c'eft fort bien raifonné. J'opine auffl pour le chemin de Flandres.

CRISPIN

Que regardes-tu donc avec tant d'attention ?

LABRANCHE

Je regarde... oui... non... ventrebleu ! feroitce lui ?

Oui, lui ?

LABRANCHE

Hélas ! voilà loute fa figure.

CRISPIN

La figure do qui ?

LABRANCHE

Crifpin, mon pauvre Crifpin, c efi: M. Orgou.

CRISPIN

Le père de Damis ?

LABRANCHE

Lui-même.

CRISPIN

Le maudit vieillard !

LABRANCHE

Je crois que tous les diables font déchaînés contre la dot.

CRISPL\.

Il vient ici, il va entrer chez monfieur Oronte, & tout va fe découvrir.

LABRANCHE

C'eft ce qu'il faut empêcher, s'il cfl poffible. \'a3 m'attendre à l'auberge.

{Crifpin fort.)

156 CRISPIN

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