LE DERNIER DIEU. I5I
Mais le front n'avait plus ses roses de lumière. Mais rien ne battait plus dans le sein adoré Qui versait sur le monde à son matin sacré Tes ilôts brûlants et doux, ô Volupté première 1
Et le charme et l'horreur, le souvenir amer Des pleurs sanglants après les heures de délice, Tous les enivrements du céleste supplice Me reprirent au cœur d'une étreinte de fer;
Et je connus, glacé sur la terre inféconde,
Que c'était là, rigide, endormi sans retour.
Le dernier, le plus cher des Dieux, l'antique Amour,
Par qui tout vit, sans qui tout meurt, l'Homme et le monde.
Le Secret de la Vie
L« E secret de la vie est dans les tombes closes : Ce qui n'est plus n'est tel que pour avoir été; Et le néant final des êtres et des choses Est l'unique raison de leur réalité.
O vieille Illusion, la première des causes ! Pourquoi nous éveiller de notre éternité, Si, toi-même n'étant que leurre et vanité, Le secret de la vie est dans les tombes closes.
Hommes, bêtes et Dieux et monde illimité, Tout cela jaillit, meurt de tes métamorphoses. Dans les siècles, que tu fais naître et décomposes, Ce qui n'est plus n'est tel que pour avoir été.