‹ Œuvres de Leconte de Lisle (volume 2)Chapitre 34 sur 46 · LE ROMANCE DE DON FADRIQUE · texte numérisé non relu

LE ROMANCE DE DON FADRIQUE

Une tête sanglante aux dents, d'un bond nerveux, Un chien saute parmi les mets royaux qu'il souille. En y laissant tomber la hideuse dépouille Où s'entr'ouvre un œil terne à travers les cheveux,

Doiia Maria tremble, et, blanche comme cire,

Se renverse au dossier de son riche escabeau.

Voile de ses deux mains son visage si beau,

Et soupire : — Ah ! l'horreur ! C'est le Démon, cher Sirel

— Vrai Dieu ! Tout, dit le Roi, vient à point de concert. Foin de Mahom, du Diable et de la Synagogue! C'est la tête de Don Fadrique, et c'est son dogue. Maria, qui vous l'offre, en guise de dessert 1 —

Le Romance de Dona Blanca

R, étant à Burgos, en sa chambre royale, Don Pedro fait mander Juan de Hinestrosa : — Ami Juan Fernandez, dit le Roi, venez çà. J'ai souci d'un cœur ferme et d'une foi loyale.

Quand mes frères bâtards, m'assaillant à l'envi. Saccageaient mes châteaux et me vidaient mes coffres, Quasi seul, entre tous, au mépris de leurs offres, Vous me fûtes fidèle, et m'avez bien servi.

Donc, je vous sais sans peur, sans feintise ni trame, Aimant l'homme non moins que le roi, soucieux De faire ainsi, tant que vivrez, et pour le mieux. Et c'est pourquoi. Don Juan, je me fie en votre âmç.

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