PREMIERE PARTIE. II
Un astre inattendu luit sur ton horizon.
Après les jeux, mon fils, viennent les temps sévères,
Et le fruit d'or mûrit après la floraison.
LE CHŒUR DES GUERRIERS
STROPHE
Prince, le sceptre au poing, les tempes couronnées,
Tu jugeras les têtes inclinées, Ou, debout sur le char aux lourds moyeux d'airain. Menant le tourbillon de la foule guerrière.
Tu pousseras à travers la poussière Le belliqueux quadrige impatient du frein.
lÔN .
Je n'ai jamais versé, fidèle aux saintes règles, Que le sang des corbeaux voraces et des aigles. Et l'épée et la lance et les coups furieux Offenseraient ces mains que je tendais aux Dieux.
xouTH os.
Viens ! Tu seras un jour, Enfant, ce que nous sommes. Sous le casque et l'armure et le lourd bouclier. Tu verseras aussi le noble sang des hommes, Et sur ton jeune front croîtra le vert laurier.
lÔN.
Il germe ici plus beau, verdoyant dans l'aurore 1 Aussi doux qu'une lyre il chante au vent sonore, Et la Muse divine, avec ses belles mains, Ne le pose jamais sur des fronts inhumains.
114 L APOLLONIDE.
LE CHŒUR DES GUERRIERS
ANTISTROPHE
La Vierge aux ailes d'or, notre Pallas armée, Comme la cendre et comme la fumée,
Chassera devant toi les Barbares tremblants;
Et tu verras passer, dans la mâle tempête, Gorgô, le Monstre immortel, dont la tête
Fait se tordre et siffler des reptiles sanglants!
Ohl la myrrhe et l'encens vers les claires nuées, Les roses parfumant les tresses dénouées. Les songes, doux charmeurs de mon léger sommeil. Et le chant des oiseaux dans le matin vermeil !
Hâtons-nous, compagnons, fleur de la sainte Attique 1 Portons dans Athèna la Parole Pythique; Qu'elle empl'sse la Ville et le ciel radieux! Toi, reste, cher Enfant que me gardaient les Dieux! En ce jour, le meilleur de ma vie éphémère, Appelle tout ce peuple au festin solennel.
lÔN.
Loxias Apollon et Temple paternel,
Soyez-moi bienveillants et rendez-moi ma mère!
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