CHAPITRE 1Y
Du service de «minier il repaie au métier de gueui , et vole un apothicaire*
Il vaut mieux posséder un talent utile que des richesses, puisque la fortune n’est qu’une inconstante qui nous donne aujoiird’hui une chose qu’elle uous ôtera demain. Fendant le cours de notre vie.
| elle nous rend semblables anx comédiens , qui pipoissent sans cesse sous de nouvelles figures. Qui m’eût dit qu’après avoir si bien servi le cuisinier, il me chasserait de chez lui pour une bagatelle? Il est vrai qu’ainsi va le monde , et que les plus honnêtes gens , pour prix d’avoir rendu mille services à de grands seigneurs, sont traités de la même manière à la moindre faute qu’ils font.
Arrête , Guzman , me dira quelqu’un , ta vas te perdre dans tes réflexions morales ; où cela noos mènera-t-il? A mon cabas, lui répondrai-je aussitôt; oui , mon ami , à mon cabas, lequel, étant devenu pour moi ce que Fétoqneece étoit pour Démosthènes, et les stratagèmes pour Ulysse, m’empêcha de sentir vivement ma situation présente. Vive le cabas ! il en est de lui comme des beignets; il faut y revenir quand on en a tâté une fois. J’avouerai qu'en le reprenant je n’étois pis plus riche que quand il m’avoit sottement pris fan- ! taisie de le quitter, car je n’avois pas mis ea rente ce que j’avois fripoimé dans mon emploi de marmiton : tout ce qui m’étoit venu s’en étoit allé, â la réserve d’un habit qui valoit un peu mieux qw celui que j'avois auparavant.
Pour qu’on n’eût point à me reprocher que je ne retournois à mon premier métier que par pure fainéantise , avant que d’acheter un nounai cabas, je crus devoir aller offrir mes services à quelques cuisiniers qui étoient amisdemon maître, et que je conuoissois. S’ils les eussent acceptés, j’ai* rois achevé de me rendre savant dans leur art. dont j’avois déjà de bons principes, et pour lequel je pouvois me vanter d’avoir d’heureuses dispositions ; mais ils savoient que j’aimois le jeu , et qui n’y avoit chez mes maîtres rien de sacré pour nu griffe lorsque j’élois sans argent. Ainsi, me voyant sans espérance d’entrer dans les cuisines des grandes maisons, je repris mon premier métier; j’endossai le cabas , et recommençai à servir le bourgeois. Si je ne faisois pas si bonne ebère avec ni* camarades qu’à l’hôtel d’où je venois d’être congédié, je redevenois en récompense indépendant et maître de mes actions; et cette sorte de vie w sans doute préférable à l'autre ; outre qu’étant n* turellement assez sobre , je devois peu regret une maison où régnoit l’intempérance.
Nous avions dans la place, auprès de Sain Croix , une habitation qui nous apport6001 i propre: c’étoit un petit corps-de-logis q1* avionsachetédcsdeniersdn public. Noustenj*^ nos juntes , et nous y faisions nos festins. *
■ levois avec le soleil ; je parcourais les ^ü!l? „ . j’allois chez les boulangers et chez les bouc ^ je faisois ma récolte pour toute la journéede nos voisins qui n’avoient point de vaK* ' ,,K,j.-nl I porter les provisions qu’ils aebetoient» P
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