‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 441 sur 734 · KS · texte numérisé non relu

KS

rc* GUZMAN D'A

veuve , qui veut l'épouser en dépit de quelques parents qui refusent d'y consentir. Ils sont venus tous deux à Cènes pour y consommer leur mariage atec plus de liberté. C’est un ofücicr plein d’honneur : quand on lui coolie roi t pour cent mille francs de bijoux, il n’y auroit rien à craindre. Quel qu'il soit, interrompit don Bertrand, puisqu’il veut voir son épouse couverte de pierreries, il aura cette satisfaction.

Charmé de ce qu'il mordoit si bien à l'hameçon, je lui dis avec transport : lin vérité, mon cher onde , vous fies trop généreux , et je dois appréhender d'abuser de vos tantes. l’oint de compliment, mon neveu, me répondit-il avec j précipitation; c’est de bon cœur que je vous offre mes diamants. Pour vous le prouver, je vais tout fi l'heure vous en chercher de beaux, lin achevant ces paroles, il se leva de table, alla dans son cabinet , d'où il revint avec un érrin qu'il me mil entre 1rs mains, .et dans lequel il y avoit pour sept à huit mille francs de pierreries. Mes trois cousins, voyant que le bou homme en usoil de cette sorte avec moi , ne voulurent pas sc montrer moins généreux que lui. Ils promirent tous de m'en prêter, et véritablement le lendemaiu matin ils m’en apportèrent h mon hôtellerie h peu près pour la même valeur. Le plus avare des trois ne vint que le dernier ; et comme nous nous entretînmes asbpi long-temps , il lit tomber la conversation sur mon bénéfice. Il me dit que si je me ti ouvois dans le cas de m'en défaire , et que je fusse d'humeur A le résigner à quelqu’un de ses enfants, préférablement A ceux de ses cousins, un présent de mille pistoles accoutpagneroil ses rcmcrciments. Je lui répondis que son fils aîné , étant le plus âgé de mes neveux, me sembloit le plus propre à posséder mon bénéfice; mais que je n’étois pas homme à le vendre , et que , l'ayant obtenu pour rien , je prélendois le donner de la même façon. Je m'aperçus que ma réponse ne déplut pas au cousin.

Mon majordome arriva dans ce moment. Il avoit sous le bras une petite cassette où émit ma chaîne d’or. Souliaitex-vous, nie dit-il, que j’aille où vous m’avez ordonné d'aller? Tu devrais, lui répondis-je, en être déjà revenu. Souviens-toi seulement, avant que tu t’adresses à un orfèvre, de t’informer dans son voisinage si c'est un homme à qui l’on puisse se fier ; si l’on l’assure qu’oui , tu lui feras peser nia chaîne, et lu reviendras me dire ce qu'elle pèse. Quoique mon cousin l’eût déjà vue, il eut envie de la considérer encore, et il l’admira, tant pour le travail que pour la beauté de l’or; puis sc tournant vers Sayavedra : Mon ami, poursuivit-il, dites à mon valet que vous trouverez là-bas, qu’il vous mène chez mon orfèvre qni demeure à deuz pas d'ici, et qui vous

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