‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 522 sur 734 · XXXVIII · texte numérisé non relu

XXXVIII

sistant plus , le sang reprit aisément ses droits.

Sitôt que je revis don Manuel , je l’informa: du funeste accident que don Denis m’avoit appris. Ensuite , je lui témoignai un désir curieux de savoir en quel état pouvoient être alors les affaires de ma sœur. Je n'ai pas moins d'envie que vous d’en être instruit , me répondit mon ami. Nous irons, si vous voulez, au château de Villardcsaz consoler cette belle veuve de la mort de son époux , et nous reverrons en même temps Isménie, qne je crois toujours avec elle. Mais, ajouta-t-il , je suis d’avis que nous remettions ce voyage après vos noces. Je consentis a ce délai d'autant plus volontiers , que j’avois beaucoup d’impatience d’étre beau-frère de don Manuel de Pcdrilla.

On fit donc les apprêts de mon mariage avec magnificence , et j'épousai dona Paula , qui lia son sort au mien avec une satisfaction qui rendit mon bonheur parfait. Ce ne fut , pendant quinze jonrs , qne concerts , que bals , qne festins : quand j’aurois été un grand seigneur , je ne crois pas que mon hymen eût été célébré par plus de fêtes et de réjouissances.

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