CHAPITRE LXXV
Don Chérubin rencontre Toslon à Madrid. Dr l'entretien qu'il eut avec lut, et de l'aventure fâctieuae qui arriva à Tuilon. Don Chérubin lui rend un service important.
Une autre raison encore m'obligea de prendre ce parti ; Blanche avoit si bien fait sa cour à la comtesse de Cdvcs , qu’elle étoit devenue sa favorite. La vice-reine aurait été au désespoir de la perdre ; et mon é|x>use, de son cûlé, charmée des attentions que cette darne avoit pour elle, les payoit du plus vif et du plus sincère attachement. Voilà ce qui fût principalement cause que je sacrifiai au coinle le plaisir de me rendre à moi-même.
Comme mon emploi ne m'occupoit (tas beaucoup , je menois une vie assez agréable. J’allois presque tous les malins an lever du roi voir le conronrs de seigneurs qui s'assemblent là pour faire lenr cour au monarque; et tous les soirs, dans les prairies de Sainl-Jérème , j’avois le plaisir de contempler les dames, parmi lesquelles j’en trouvois qui me paroissoient bien valoir celles de Mexico, l'n jour, comme je sortois de notre hôtel pour aller à cette promenade . je ne fus pas peu surpris de rencontrer Toslon dans la rue. Comment , lui dis-je , c’est toi ! Hê ! que fais-tu à Madrid? Je te croyois à Alcaraz. Mon cher maître , me rëpondil-ii , vous savez que nos projets ne réussissent pas toujours. Je m'étois proposé de retourner dans mon pays pour y passer le reste de mes jours avec Blandine ; niais le ciel n’a pas voulu m’accorder cette satisfaction. J'ai fait rencontre à Cadix d’un Gabriel de Monchiquc , qui m’a enlevé ma femme . sans qu’il ait été en mon pouvoir de m'y opposer.
Est-il possible, m’écriai-je, que ce malheur to soit arrivé? Racontc-Uloi, je le (trie , de quelle