‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 591 sur 734 · CHAPITRE LXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVI

Par quel hasard Toston rencontra sa femme, à laquelle il ne pensoit plus. Histoire de son enlèvement , racontée par elle même. Sa justification. Nouveau chanpement que ce récit produisit dans son cœur. Ses affairea en vont mieux.

Don Alexis , le joar suivant à son lever , dit à Toslon : Apprends, mon ami, que j’ai fait une jolie connoissance. Je te vais «lire comment. Un matin je me promenois tout seul au Prado. Je vis sortir d’un jardin une dame voilée, et dont l’air noble et majestueux prérenoit en faveur de sa naissance. Elle fit quelques tours dans la prairie ; et s'apercevant que je m'approchais d’elle pour mieux la voir , elle se retira vers le jardin pour y rentrer et tromper ma curiosité; mais, soit que mes pas précipités ne le lui permissent point, soit qu’elle voulût me laisser le temps de la joindre , je nie trouvai avant elle à 1a porte du jardin.

Madame , lut dis-je en la saluant avec une politesse respectueuse, il faudrait que je fusse bien peu galant , si , rencontrant une personne toute charmante, je ne lui témoignois pas le plaisir que me cause sa vue. Seigneur cavalier, répondit la dante, vous êtes prodigue de douceurs. Loin de refoser de l’encens aux dames qui en sont digues , vous avez bien la mine de l’offrir même à celles qui ne le méritent pas. Là-dessus je répliquai , la dame repartit, cl nous nous séparâmes après une assez longue conversation.

Depuis ce temps-là, dit Toston, l’avcz-vous revue ? Non , répondit le jeune comte , quoique j’aille presque tous les matins au Prado. Si elle n’est pas sortie de son jardin depuis ce jour-là. c’est apparemment quelle veut m’éprouver ; car , sans vanité, je crois qu'elle est contente do moi.

1 1 n’en faut pas douter , reprit le valet : un cavalier fait comme vous est sût de plaire. Comment la

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