ACTE I
LA BARONNE
Où est le portrait?
frontin lui donnant un portrait.
Le voici.
LA BAROXNF. examinant U portrait .
Il ne m’a point parlé de celte comtesse-là, Frontin.
FRONTIN
C’est une conquête, madame, que nous avons faite sans y penser. Nous rencontrâmes l’autre jour cette comtesse dans un lansquenet.
MARINE
Une comtesse de lansquenet:
FRONTIN à la baronne.
Elle agaça mon maître. Il répondit, pour rire, à scs minauderies. Elle , qui aime le sérieux , a pris la chose fort sérieusement. Elle nous a , ce matin , envoyé son portrait. Nous ne savons pas seulement son nom.
MARINE
Je vais parier que cette comtesse-là est quelque dame normande. Toute sa famille bourgeoise se cotise pour lui faire tenir à Paris une petite pension, que les caprices du jeu augmentent ou diminuent.
C’est ce que nous ignorons.
MARINE
Oh ! que non , vous ne l’ignorez pas. Peste ! vous n’êtes pas gens à faire sottement des sacrifices. Vous en connoissez bien le prix.
frontin d la baronne .
Savez-vous bien , madame , que cette dernière nuit a pensé être une nuit étemelle pour monsieur le chevalier? En arrivant au logis il, se jette dans un fauteuil ; il commence par se rappeler les plus malheureux coups du jeu, assaisonnant ses réflexions d’épitbètes et d’apostrophes énergiques.
LA baronne regardant le portrait.
Tu as vu cette comtesse, Frontin? N’est-ellc pas plus belle que son portrait?
FRONTIN
Non , madame ; et ce n’est pas , comme vous voyez, une beauté régulière; mais elle est assez piquante, ma foi, elle est assez piquante.... Or, je voulus d’abord représenter à mon maître que tous ces jurements étoient des paroles perdues; mais, considérant que cela soulage un joueur désespéré, je le laissai s’égayer dans ses apostrophes.
LA BARONNE regardant toujours le- portrait.
Quel âge a-t-elle, Frontin?
FRONTIN
C’est ce que je ne sais pas lmp bien ; car elle a