‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 645 sur 734 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

LA BARONNE, MARINE

■ LA BARONNE

Tu vas le déchaîner contre moi. Marine, t'emporter?

MARIAT.

Non, madame, je ne m’en donnerai pas la peine, je vous assure. Eh! que m’importe, après tout, que votre bien s'en aille comme il vient? Ce sont vos affaires, madame, ce sont vos affaires. I A BARONNE.

Hélas! je suis pins à plaindre qu’à blâmer; ce j que tu me vois faire n’est point l’effet cPnne volonté libre : je suis entraînée par un penchant si fendre, j que je ne puis y résister.

MARINE

l'n penchant tendre? Ces foibiesses vous conviennent-elles? Eb ? fi ! vous aimez comme une vieille bourgeoise.

LA BARONXE.

Que tu cs injuste , Marine ! puis-je ne pas savoir gré au chevalier du sacrifice qu’il me fait?

MARINE

Le plaisant sacrifice!... Que vous êtes facile 1 tromper! Mort de ma vie! c’est quelque vieux portrait de famille ; que sait-on ? de sa grand’mère, peut-être.

LA BARONNE regardant le portrait.

Non , j’ai quelque idée de ce visage-là , et une idée récente.

MARINE prenant le portrait et i’ examinant à ton tour.

Attendez.. . Ah ! justement , c’est ce colosse de provinciale que nous vîmes au bal il y a trois jours, qui se fit tant prier pour 6ter son masque , et que personne ne connut quand elle fut démasquée. LA BARONNE.

Tu as raison. Marine... Cette comiesse-là n’est pas mal faite.

marine rendant te portrait à la baronne.

A peu prés comme M. Turcaret. Mais, si la comtesse étoit femme d’affaires, on ne vous ia sacrifieroil pas, sur ma parole.

LA baronne voyant paroitre Flamand.

Tais - toi , Marine ; j'aperçois le laquais de M. Turcaret.

MARINE

Oli ! pour cciui-ci , passe : il ne nous apporte que de lion lies nouvelles... ( Regardant venir Flamand, et le voyant chargé d'un petit coffre.) Il tient quelque chose; c’est sans doute un nouveau présent que sou maître vous fait.

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