‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 646 sur 734 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA BARONNE, MARINE. FLAMAND

FLAMAND à t a baronne, en lui présentant un petit coffre.

M. Turcarct, madame, vous prie d’agréer ce petit présent. (A Marine.) Serviteur, Marine.

MARINE

Tu sois le bien venu, Flamand. J’aime mieux te voir que ce vilain Fronlin.

LA BARONNE à Marine, en lui montrant le

coffre.

Considère, Marine; admire le travail de ce petit coffre : as-tu rien vu de plus délicat?

MARINE

Ouvrez, ouvrez; je réserve mon admiration pour le dedans. Le coeur me dit que nous en serons plus charmées que du dehors.

la baronne ouvrant le coffret.

Que vois-je ! un billet au porteur ! L’ailairc est sérieuse.

marine.

De combien, madame?

la BARONNE examinant le bidet.

De dix mille écus.

marine bas.

Bon 1 voilà la faute du diamant réparée.

LA baronne regardant datte le coffret.

Je vois un autre billet.

MARINE

Encore au porteur?

la baronne examinant le second bidet.

Non , ce sont des vers qnc M. Turcarct m’adresse.

MARINE

Des vers de M. Turcarct !

LA BARONNE lisant.

A Philis... Quatrain... ( Interrompant sa lecture.) Je suis la Philis, et il me prie, en vers, de recevoir son billet en prose.

MARINE

Je suis fort curieuse d’entendre des vers d’un auteur qui envoie de si bonne prose.

LA baronne.

Les voici ; écoute : (Elle lit.)

. Recevez ce bittet, charmante Philis,

. Et soyez assurée que mon âme

■ Conservera toujours une éternelle flamme.

• Comme 11 est certain que troll et trois (ont sir. •

MARINE

Que cela est finement pensé !

LA BARONNE

Et noblement exprimé ! Les auteurs se peignent dans leurs ouvrages... Allez porter ce coffre dans mon cabinet , Marine. (Marine sort.)

LA BARONNE, FLAMAND

LA BARONNE

Il faut que je te donne quelque chose, à loi. Flamand. Je veux que tu boives à ma santé.

FLAMAND

Je n'y manquerai pas, madame, et du bon encore.

LA BARONNE

Je t’y convie.

FLAMAND

Quand j’étois citez ce conseiller que j’ai servi ci-devant, je m’accommodois de tout; mais depuis que je suis chez M. Turcarct, je suis devenu délicat, oui !

LA BARONNE

Rien n’est tel que la maison d'un homme d'affaires pour perfectionner le goût.

flamand voyant paroltre M. Turcarct.

Le voici, madame, le voici. (Il sort.)

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