‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 103 sur 423 · LIVRE 11, C · texte numérisé non relu

LIVRE 11, C

ordonner, diriger , choisir , préférer , etc., dont je me suis servi dans cette rencontre , ne font pas comprendre assez distinctement ce qu'il faut entendre par volition , à moins que ceux qui liront ce que je dis ici ne prennent la peine de réfléchir sur ce qu'ils font eux-mêmes quand ils veulent ; par exemple , le mot de préférence , qui semble peut-être le plus propre à exprimer l’acte de la volition , ne l'exprime pourtant pas précisément : car, quoiqu'un homme préférât de voler à marcher , on ne peut pas dire qu'il veuille jamais voler. La volition est visiblement un acte de 1 esprit exerçant avec connaissance F empire qu'il suppose avoir sur quelque partie de l'homme, pour l'appliquer à quelque action particulière ou pour l’en détourner. Et qu'estce que la volonté, siuon la faculté de produire cet acte ? Et cette faculté n'est en effet nutre chose que la puissance que notre esprit a de déterminer ses pensées à la production , à la continuation ou à la cessation d'une action , autant que cela 1 dépend du nous : car on ne peut nier que tout agent qui a la puissance de penser à ses propres ' actions , et de préférer l'exécution d’une chose à l’omission de cette chose , ou au contraire , ou ne peut nier qu'un tel agent n'ait la faculté qu'on nomme volonté. La volonté n'est donc autre chose qu'une telle puissance. La liberté, d'autre part, est la puissance qu'un homme a de faire ou de ne pas faire quelque action particulière, suivant la préférence actuelle que son esprit donne à l'action ou à la cessation de l'action, ou (ce qui est la même chose) suivant ce qu'il veut lui-même

s 16. La puissance n'appartient qu'à des agents.

Il est donc évident que la volonté n'est autre chose qu’une puissance ou faculté, et que la liberté est une autre puissance ou faculté : de sorte que demander si la volonté a de la liberté , c'est demander si une puissance a une autre puissance,

' « Si les hommes u 'entend aient que cela par la liberté ,

■ lorsqu'ils demandent si la volonté ou l’arbitre est libre,

« leur question serait véritablement absurde ; mais ou s verra tantôt ce qu'ils demandent, et même je l'ai déjà « touché (§ 13, note 1 ). 11 est vrai, maïs par un autre prin- « ripe, qu’ils ne laissent pas de demander ici (an moins « plusieurs) l'absurde et l'imposslhle, en voulant une U-

■ berté d’équilibre absolument imaginaire el impraticable,

« et qni même ne leur servirait [ras', s'il était possible

• qu'ils la pussent avoir, c’est-à-dire , qu'ils eussent la li- " berté de vouloir contre toutes le* impressions qui [M'n- - vent venir de l'entendement, ce qui détruirait la vérila- « Idc lilrerlé avec, la raison, et nous abaisserait au-dessous

• des hétes. «

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