‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 142 sur 423 · LIVRE II, CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXVII

à l'cgaul desquelles Us tes appellent grands et petits •.

S 6. Des termes absolus signifient souvent des relations.

Les mots fort et faible sont aussi des dénominations relatives de puissance, par comparaison avec quelque idée que nous avons alofs d’une puissance plus ou moins grande. Ainsi , quand nous disons d’un homme qu'il est faible, nous entendons qu’il n'a pas tant de force ou de puissance de mouvoir, que les hommes en ont ordinairement, ou que ceux de sa taille ont coutume d’en avoir ; ce qui est comparer sa force avec l’idée que nous avons de la force ordinaire des hommes , ou de ceux qui sont de la même grandeur que lui. Il en est de même quand nous disons que toutes les créatures sont faibles; car, dans cette occasion , le terme de faible est purement rclutif, et ne signifie autre chose que la disproportion qu’il y a entre la puissance de Dieu et celle de ses créatures. Et , dans le langage ordinaire, quantité de mots ( et peut-être la plus grande partie ) ne renferment autre chose que de simples relations , quoiqu’à la première vue iis ne paraissent point avoir une signification relative. Ainsi , quand on dit qu’un vaisseau a les provisions nécessaires, les mots nécessaire et provision sont tous deux relatifs; car l'un se rapporte A l'accomplissement du voyage qu’on a dessein de faire , et l’autre à l'usage A venir. Du reste , il est si aisé de voir comment toutes ces relations se terminent A des idées qui viennent par sensation ou par réflexion , qu'il n'est pas nécessaire de l’expliquer.

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