‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 167 sur 423 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Des vraies et des fausses idées.

St. La vérité et ta fausseté appartiennent proprement aux propositions.

Quoique , à parler exactement , la vérité et la fausseté n'appartiennent qu’aux propositions, on ne laisse pourtant pas d’appeler souvent les idées vraies et fausses. Et , en effet , quels sont les mots qu’on n’empioie pas dans un sens fort étendu, et un peu éloigné de leur propre et juste signification ? Je crois pourtant que lorsque les idées sont nommées vraies ou fausses , il y a toujours quelque proposition tacite , qui est le fondement de cette dénomination, comme on le verra , si l'on examine les occasions particulières où elles viennent à être ainsi nommées. Nous trouverons , dis-je , dans toutes, ces rencontres , quelque espèce d'affirmation ou de négation qui autorise cette dénomiriation-là. Car, nos idées n'étant autre chose qt-e de simples apparences ou perceptions dans notre esprit, on ne saurait dire , à les considérer proprement et purement en elles-mêmes, qu’elles soient vraies ou fausses , non plus que le simple nom d’aucune chose ne peut être appelé vrai ou faux.

S 2. Ce qu'on nomme vérité métaphysique contient une proposition tacite. :

Sans doute , on peut dire que les idées et les mots sont véritables, à prendre le mot de vérité dans un sens métaphysique , comme on dit de toutes les autres choses, de quelque manière qu’elles existent , qu'elles sont véritablement telles quelles existent ; quoique , dans les choses que nous appelons véritables, même en ce sens , il y ait peut-être un secret rapport à nos idées , considérées comme la mesure de cette espèce de vérité ; ce qui revient à une proposition mentale , encore qu’on ne le remarque pas ordinairement.

S 3. Nulle idée n’est vraie ou fausse, en tant

qu'elle est une apparence dans l’esprit.

Mais, ce n’est pas en prenant le mot de vérité dans ce sens métaphysique, que nous examinons si nos idées peuvent être vraies ou fausses , mais dans le sens qu'on donne le plus communément

Page 1