C’est b nature des choses qui fixe ordinairement
• ces limites des espèces ; par exemple, de l'homme et
■ de la bète , de l'estoc et de la taille. J'avoue cependant « qu'il ; a des notions où il eolrc véritablement de l’arhi-
• traire; par exemple, lorsqu'il s'agit de déterminer un
■ pied , car la ligne droite étant uniforme et indéfinie , la « nature n'y marque point rie limites. Il y a aussi des es-
• aeoces vagues et iuqiarfailes oit l'opinion entre, comme s lorsqu'on demande combien il faut pour le moins de
• rheu-ux Sun homme, pour qu'il ne soit point chauve ; « c'était un des sophismes des ancicss , lorsqu'on pousse
- un adversaire,
Ihim codât elusut rations cura lit occrrt.
> Il y a même quelque chose de cette nature daus les
- itiées simples , car les dernières homes des couleurs sont « douteuses. Enfin , il y a aussi des essences véritable- « ment dominâtes à demi , où le nom entre dans, la dé-
• tiuiüou de la chose ; par exemple , le degré ou la qualité s dé docteur, de chevalier, d'arubassadrur, de roi, sa
• reconnaît lorqu'une personne a acquis le droit reconnu « de se servir de ce nom. Mais res essences et idées sont * ’jayucs, douteuses , arbitraires, nominales, dans « un sens un peu dînèrent de ceux dont l’auteur a fait s mention. ■
tnge , si nous considérons que c'est le nom qui semble préserver ces essences et leur assurer une perpétuelle durée. Car, l'esprit ayant mis de la liaison entre les parties détachées de ces idées complexes , cette union , qui n’a aucun fondement particulier dans la nature , cesserait , s’il n'y avait quelque chose qui la maintint , et qui empêchât que ces parties ne se dispersassent. Ainsi , quoique ce soit l’esprit qui forme cette combinaison , c'est le nom qui est , pour ainsi dire , le nœud qui les tient étroitement liées ensemble. Quelle prodigieuse variété de différentes Idées le mot latin triumphus ne joint-il pas ensemble , en nous les présentant comme une espèce unique ! Si ce nom n’eût jamais été inventé, ou eût été entièrement perdu , nous aurions pu sans doute avoir des descriptions de ce qui se passait dans cette solennité ; mais je crois pourtant, que ce qui tient ces différentes parties Jointes ensemble dans l'unité d'une idée complexe , c’est ce même mot qu’on y a attaché , sans lequel on ne regarderait non plus les différentes parties de cette solennité , comme faisant une seule ehose, qu’aucun autre spectacle qui , n'ayant para qu’une fois , n’a jamais été réuni en une seule idée complexe , sous une seule dénomination. Qu’on vole , après cela , jusques tt quel point l'unité, nécessaire à l’essence des modes mixtes, dépend de l’esprit ; et combien la continuation et la détermination de cette unité dépend du nom qui lui est attaché dans l'usage ordinaire ; je laisse , dis-je , examiner cela a ceux qui regardent les essences et les espèces comme des choses réelles et fondées dans la nature.
S 1 1 . Conformément à cela , nous voyons que les hommes , en parlant des modes mixtes , n'imaginent et ne considèrent rarement aucune autre idée complexe comme une espèce particulière de ees modes , que celles qui sont distinguées par certains noms; parce que ces modes n'étant formés par les hommes que pour recevoir une certaine dénomination , l'on ne prend point de connaissance d’aucune telle espèce, I on ne suppose pas même qu’elle existe, à moins qu'on n'y ait attaché un nom qui soit comme une marque qu'on a combiné plusieurs idées détachées en une seule , et que , par ce nom , on assure une union durable à ces parties qui , autrement , cesseraient d'être jointes , dés ipie l'esprit laisserait de cûté eette idée abstraite , et discontinuerait d'y penser actuellement. Mais , quand une lois