‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 204 sur 423 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des particules.

$ 1. fas particules lient les parties des propositions ou les propositions entières.

Outre les mots qui servent à nommer les idées qu’on a dans l’esprit , il y en a un grand nombre j d’autres tpi'on emploie pour signifier la con- | nexion que l’esprit met entre les idées ou les propositions qui eomposent le discours. Lorsque l’esprit communique ses pensées aux autres, il n’a pas seulement besoin de signes' qui marquent les idées qui se présentent alors à lui , mais d’autres encore pour désigner ou faire connaître quelque action particulière qu’il fait lui-méme, et qui, dans ce moment-là, se rapporte à ces idées. C’est ce qu’il peut faire en diverses ma-

nières. Cela est y cela n'est pas y sont les signes généraux dont l’esprit se sert en affirmant ou en niant. Mais, outre l’affirmation et la négation (sans lesquelles il n’y a ni vérité ni fausseté dans les paroles), lorsque l’esprit veut faire connaître ses pensées aux autres, il lie, non -seulement les parties des propositions , mais des sentences entières, l’une à l’autre, dans toutes leurs differentes relations et dépendances, afin d'en faire un discours suivi.

§ 2. C'est dans le bon usage des particules que consiste l'art de bien parler.

Or, ces mots, par lesquels l’esprit exprime la liaison qu’il met entre différentes affirmations ou négations , pour en faire un raisonnement continué ou une narration suivie, on les appelle en général des particules ; et de la juste application qu’on en fait, dépend principalement la clarté et la beauté du style. Pour qu’un homme pense bien, il ne suffit pas qu’il ait des idées claires et distinctes en lui-méme , ni qu’il observe la convenance ou la diseonvenance qu’il y a entre quelques-unes de ces idées; U doit encore lier scs pensées, et remarquer la dépendance que ses raisonnements ont l’un avec l’autrp. Et pour bien exprimer ces sortes de pensées , rangées méthodiquement, et enchaînées l’une à l'autre par des raisonnements suivis , il lui faut des termes qui montrent la connexion , la restriction, la distinction, l’opposition , l’emphase, etc. , qu’il met dans chaque partie respective de son discours. Que si l'on vient à se méprendre dans l’application de ces particules, on embarrasse celui qui écoute , bien loin de l'instruire. Voilà pourquoi ces mots , qui , par eux-mêmes , ne sont effectivement le nom d’aucune idée, sont d'un usage si constant et si indispensable dans le langage , et servent si fort aux hommes pour se bien exprimer *

S 3. Les particules serrent à montrer quel rapport l'esprit met entre ses pensées.

Cette partie de In grammaire qui traite des

• « Il me semble aussi que les particules sont nort-scu- « loin ont les parties du discours composé de propositions, « et les parties de la proposition composées d'idées, mais « aussi les parties de l’idée, composées de plusieurs fa- « çons par la combinaison d'autres idées. F.t c'est cette « dernière liaison qui est marquée par les prépositions ; •• au lieu que les adverbes ont de t'influence sur l’affir- >< malion ou la négation qui est dans le verbe ; et les con- « jonctions en ont sur la liaison de différentes aflfirmatiou* * ou négation?;. »

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