‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 223 sur 423 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Des remèdes qu’on peut apporter aux impcrféciious et aux abus dont on vient de parler.

S I. Cesl une chose digne de nos soins, de chercher les moyens de remédier aux abus dont on vient de parier.

Nous venons de voir an long quelles sont les imperfections naturelles du langage, et celles que les hommes y ont introduites : et comme le discours est le grand lien de la société humaine, et le canal commun par où les progrès qu'un homme fhit dans la connaissance se transmettent à d'autres hommes et d'une génération à l’autre , c’est une chose bien digne de nos soins de considérer quels remèdes on pourrait apporter aux Inconvénients qui ont été proposés dans les deux chapitres précédents.

S 3. Ils ne sont pas faciles à trouver.

Je ne suis pas assez valu pour m’imaginer que qui que ce soit puisse songer à tenter de réformer parfaitement, je ne dis pas toutes les langues du monde , mais même celle de son propre pays, sans se rendre lui-même ridicule. Car, exiger que les hommes employassent constamment les mots dans un même sens , et pour n’exprimer que des idées déterminées et uniformes, ce serait se figurer que tous les hommes devraient avoir les mêmes notions, et ne parier que des choses dont ils ont des Idées claires et distinctes : ce que personne ne doit espérer, s'il n'n la vanité de se figurer qu'il pourra engager les hommes à être fort éclairés on fort taciturnes. Et il fout avoir bien peu de connaissance du monde pour croire qu'une grande volubilité de langue ne se trouve qu’à la suite d’un bon jugement, et que la règle que les hommes se font , pour sc permettre de parler plus ou moins, soit fondée uniquement sur le plus ou le moins de connaissance qu'ils ont.

S 3. Mais ils sont nécessaires à la philosophie. Mais, quoiqu'il ne faille pas se mettre en

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