‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 236 sur 423 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

leur donne un cerlnin |iirouettement , car je ne traite point ici en physicien de la lumière ou des couleurs. Mais, ce que je crois pouvoir dire, c’est que je ne saurais comprendre comment des corps qui existent hors de nous, peuvent affecter autrement nos sens , que par le contact immédiat des corps sensibles (comme dans le goût et dans le toucher), ou par le moyen de l'impulsion de quelques particules insensibles qui viennent des corps , comme cela a lieu pour la vne , l’ouïe et l'odorat ; laquelle impulsion étant différente , selon qu’elle est causée par la différente grosseur , figure et mouvement des parties , produit en nous les différentes sensations que nous éprouvons. Que si quelqu’un peut faire voir, d’une manière intelligible, qu’il conçoit autrement la chose , il me ferait plaisir de m’en Instruire.

S 11. Ainsi, qu’il y ait des globules ou non , et que ces globules, par un certain pirouettement autour de leur propre centre, produisent en nous l’Idée de In blancheur : ce qu’il y a de certain, c’cst que plus est grand le nombre des particules de lumière réfléchies par un corps disposé à leur donner ce mouvement particulier qui produit la sensation de blancheur en nous, et peut-être aussi, plus ee mouvement particulier est prompt, plus le corps d’où ce grand nombre de globules est réfléchi, parait blanc. On le voit év idemment dans une feuille de papier qu’on expose aux rayons du soleil , ou à l’ombre, nu dans un lieu obscur, trois différents endroits où ce papier produira en nous l’idée de trois degrés de blancheur fort différents.

S 13. Or, comme nous ignorons combien il doit y avoir de particules, et quel mouvement leur est nécessaire, pour pouvoir produire un certain degré de blancheur quel qu’il soit, nous ne saurions démontrer la juste égalité de deux degrés particuliers de blancheur, parce que nous n'avons aucune règle eertnine pour les mesurer, ni aucun moyen pour distinguer chaque petite différence réel’e : tout le secours que nous pouvons espérer sur cela , venant de nos sens, qui ne sont d’aucun usage en cette occasion. Mais lorsque la différence est si grande qu’elle excite dons l’esprit des idées clairement distinctes , dont on peut retenir parfaitement les différences : dans ce eas-là, ces idées, ou couleurs, comme on le voit dans leurs différentes espèces , telles que le bleu et le rouge , sont aussi

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