‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 308 sur 423 · LIVRE IV, CH · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CH

nu’on pourrait faire sans peine , en transposant les propositions, et en faisant que le terme moyen fût l'attribut de la première et le sujet de la seconde , comme dans ces deux exemples :

Omni» homo est animal ,

Omne animal est vivens ,

Ergo omnis homo est vivens.

Omne corpus est extension et soltdum ,

Nullum extension et solidum est pura exlensio, Ergo corpus non est pura extensio.

Il n’est pas nécessaire que j’importune mon lecteur par des exemples de syllogismes dont la conclusion soit particulière. La même raison

•• J’ai remarqué autrefois qu’Aristote peut avoir eu une

- raison particulière pour adopter la disposition vulgaire*

« ment usitée ; car, au lieu de dire : A est B, il a cou- •< tume de dire : B est m A, et par ce mode d’énon-

• nation, la liaison que M. Locke désire se présente

• d elle-même, en suivant la disposition reçue. Ainsi, au « lieu de dire :

B est C,

A est B,

Donc : A est C ;

« il l’énoncera ainsi :

C est en B,

B est en A ,

Donc : C est en A.

• Par exemple , au lieu de dire :

!/• rectangle est isogone (ou à angles égaux) ,

Le carré est rectangle,

Donc : Le carré est isogone,

« Aristote, sans transposer les propositions, conservera

■ la place du milieu au terme moyen , par cette manière

■ d’énoncer les propositions qui en renversent les termes,

« et il dira :

L’isogone est dans le. rectangle ,

Le rectangle est dans le carré ;

Doue : L’isogone est dans le carré.

« Et celte manière d’énoncer n’est pas à mépriser ; car le « prédicat est en effet dans le sujet , ou bien l’idée du pré*

« dical est enveloppée dans l’idée du sujet. Par exemple,

- l’isogone est dans le rectangle, car le rectangle est la

• figure dont tous les angles sont droits : or, tous les angles

- droits sont égaux entre eux , donc dans l’idée de rec-

- tangle est l’idée d’une figure dont tous les angles son!

« égaux , ce qui est l’idée de l’isogone. La manière d’é*

*• noncer vulgaire regarde plutôt les individus, mais celle

• d’Aristote a plus d’égard aux idées ou universaux. Car,

• en disant tout homme est animal, je veux dire que m tous les hommes sont compris dans tous les animaux ;

- mais j’entends , en même temps , que l’idée de l’animal « est comprise dans l’idée de l’homme. L’animal com- •« prend plus d’individus que l'homme, mais l’homme •• comprend plus d’idées ou plus de formalités : l’un a plus « d’exemples , l’autre plus de degrés de réalité ; l’un a plus

- dV.r tension , l'autre plus d’intention [ on «le compré- » hension j. Aussi pout-ou dire véritablement que tout»» la r doctrine syllogistique pourrait être démontrée par celle < ie continente cl conteNtn, [ du comprenant et du coin-

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