‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 369 sur 423 · SEDUITE A DES ABGCJIENTS ES FORME · texte numérisé non relu

SEDUITE A DES ABGCJIENTS ES FORME

Quelques personnes intelligentes ont souhaité qu’on fit celte addition, et l'on a déféré d’autant plus facilement à leur avis , qu’on a eu occasion par lù de satisfaire encore A quelques difficultés , et de faire quelques remarques qui

n'avalent pas encore été assez touchées dans l’ouvrage.

I" Objectios. Quiconque ne prend point le meilleur parti , manque de puissance , ou de connaissance , ou de bonté.

Dieu n'a point pris le meilleur parti en créant ce monde.

Donc Dieu a manqué de puissance , ou de connaissance , on de bonté.

Réponse. On nie la mineure, c'est-à-dire lu seconde prémisse de ce syllogisme ; et l'adversaire la prouve par ce

Pbosyllooisme : Quiconque fait des choses où II y a du mal , qui pouvaient être faites sans aucun mal , ou dont la production pouvait être omise , ne prend point le meilleur parti.

Dieu a fait un monde où il y a du mal ; un monde , dis-je , qui pouvait être fait sans aucun mal , ou dont la production pouvait être omise tout à (ait.

Donc Dieu n'a point pris le meilleur parti.

Rép. On accorde la mineure de ce prosyllogisme ; car il faut avouer qu’il y a du mal dans le monde que Dieu a fait , et qu'il était possible de faire un monde sans mal , on même de ne point créer de monde , puisque la création a dépendu de la volonté libre de Dieu ; mais on nie la majeure , c’est-à-dire , la première des deux prémisses du prosyllogisme , et on se pourrait contenter d’en demander la preuve ; mais pour donner plus d'éclaircissement à la matière , on a voulu justiffer cette négation , en faisant remarquer que le meilleur parti n'est pas toujours celui qui tend à éviter le mal , puisqu'il se peut que le mal soit accompagné d’un plus, grand bien. Par exemple , un général d'armée aimera mieux une grande victoire avec une légère blessure , qu'un état sans blessure et sans victoire. On a montre cela plus amplement dans cet ouvrage, en faisant même voir par des instances prises des mathématiques et d'ailleurs , qu'une imperfection dans ta partie peut être requise à une plus grande perfection dans le tout. On n suivi en cela le sentiment de saint Augustin , qui a dit cent fois que Dieu a permis le mal pour ea tirer un bien , c’est-à-dire un plus grand bien; et celui de Thomas d'Aquin (in libr. 2, sent. dist. 32, qu. l, art. 1), que la permission du mal tend au bien de l'univers. On a fait voir que chez les anciens la chute d'Adam a été appelée /dix culpa, un péché heureux , parce qu'il avait été réparé avec un uvantage immense, par l'Incarnation du Fils de Dieu , qui a donue a

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