‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 48 sur 423 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

frappant nos sens, produit par même moyen dans l'entendement une idée simple qui , par quelque cause extérieure qu’elle soit produite, ne vient pas plus tôt à notre connaissance, que l'esprit la regarde et la considéré , dans l'entendement , comme une idée aussi réelle et aussi positive que quelque autre idée que ce soit, quoique peut-être la cause qui la produit ne soit , dans le sujet , qu’une simple privation.

$ 2. Ainsi , les idées du chaud et du froid , de la lumière et des ténèbres, du blanc et du noir , du mouvement et du repos , sont des idée» également claires et positives dans l’esprit, bien que quelques-unes des causes qui les produisent ne soient peut-être que de pures privations dans les sujets d’où les sens tirent ces Idées. Lors, dis-je, que l’entendement voit ces idées, Il les considère toutes comme distinctes et positives , sans songer à examiner les causes qui les produisent : examen qui ne regarde point l'idée en tant qu'elle est dans l'entendement , mais la nature même des choses qui existent hors de nous. Or, ce sont deux choses bien différentes , et qu'il faut distinguer exactement r car, autre chose est d'apercevoir et de connaître l’idce du blanc ou du noir, et autre chose d'examiner quelle espèce et quel arrangement de particules doivent se rencontrer sur la surface d'un corps pour faire qu'il paraisse blanc ou noir.

S 3. Un peintre ou un teinturier qui n’a jamais recherché les causes des couleurs , a dans son entendement les idées du blanc et du noir , et des autres couleurs, d’une manière aussi claire, aussi parfaite et aussi distincte qu'un philosophe qui a employé bien du temps à examiner la nature de toutes ces différentes couleurs , et qui pense connaître ce qu’il -y a précisément de positif ou de privatif dans leurs causes. Ajoutez à cela que l’idée du noir n’est pas moins positive dans l'esprit que celle du blanc, quoique la cause du noir, considérée dans l’objet extérieur, puisse n’ètrc qu’une simple privation.

Autres consklératioos sur les idées simples

S Ier. Idées positives qui viennent de causes privatives.

A l’égard des idées simples qui viennent par sensation , il faut considérer que tout ce qui , en vertu de l'institution dç la nature , est capable d'exciter quelque perception dans l'esprit en

S 4. Si c’était ici le lieu de rechercher les causes naturelles de la perception , je prouverais par là qu’une cause privative peut , du moins en certaines rencontres, produire une idée positive : je veux dire que, comme toute sensation est produite en nous seulement par différents degrés et par différentes déterminations de mouvement dans nos esprits animaux diversement agités par les obiets extérieurs , la diminution d’un mouve-

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