ACTE DEUXIEME. I8t
BELÈSES , donnant la sienne.
Seigneur, voilà la mienne.
ARBACES , tirant son épée du fourreau.
Prends la mienne.
salemènes, sa<>ançant.
Je vais la prendre.
ARBACES
Oui; recois-en le fer dans ton cœur... la poignée ne quitte pas ma main.
SALEMÈNES, tirant son épée du jourreau.
Comment oses-tu me braver ? Fort bien... ceci t'épargnera un jugement et une fatale clémence. Soldats !... immolez ce rebelle.
ARBACES
Tu appelles tes soldats ! Seul., tu n'oserais.
SALEMÈNES
Seul, insolent esclave !... Qu'y a-t-il en toi qui doive faire reculer un prince ? Nous craignons ta trahison et non ta force. La dent du serpent n'est pas comme celle du lion... elle serait sans danger, si ce n'était son venin... Immolez ce traître.
BELÈSES, s^ interposant.
Arbaces !... êtes-vous insensé.'* n'ai -je pas rendu mon épée.** Fiez-vous donc, comme moi, à la justice de notre souverain.
ARBACES
Non... je me fierai plutôt aux astres , dont tu te dis l'intcrprète , et à ce faible bras , pour mourir du moins maître de ma vie et de ma liberté... ne souffrant pas que personne me fasse porter des chaînes. {Les gardes attaquent Arbaces, qui se défend ai^ec tant d'adresse, qu'il les fait chanceler.)
SALEMÈNES
Quoi donc !... dois-je faire l'office de bourreau ? Laches ! voyez comme on pimit un traître !
(^Salemènes attaque Arhaccs,) [Sardauapalc entre arec sa suite.)
t82 SARDANAPALE.
SARDANAPALB.
Arrêtez!... sous peine de la vie... arrêtez! vous dis-je. Quoi I êtes-vous sourds ou ivres ? Mon épée ! oh ! je n'ai point d epée. [Aux gardes.) Ici , soldat , prête-moi ton arme. {Sardanapale prend Vépèe d^un soldat y se met entre les cornhattans et les sépare.) Dans mon propre palais ! Qui m'empêcherait de vous immoler tous deux , audacieux querelleurs**
BELÈSES
Sire ! votre jicitice.
SALEMÈNES
Ou... votre faiblesse.
SARDANAPALE , levant son épée.
Comment ?
SALEMÈNES
Frappe ! pourvu que tu frappes aussi ce traître... que tu épargnes un moment , j'espère , pour le hvrer aux tortures... j'y consens.
SARDANAPALE
Quoi ! lui ! qui oserait attaquer Arbaces H
SALEMÈNES
Moi.
SARDANAPALE
En vérité, prince , vous vous oubliez. Par quel droit!*..
SALEMÈNES , montrant le sceau.
Par le tien.
ARBACES, confus.
IjC sceau du roi !
SALEMÈNES
Oui ; et que le roi confirme qu'il me l'a confié.
Ce n'est pas pour un tel usage que je m'en suis séparé.
SALEMÈNES
Vous vous en êtes séparé pour votre sûreté... je m'en suis servi pour le bien de l'État : prononcez vous-même... Ici je ne suis que votre serviteur... il n'y a qu'un moment que je vous représentais.