ACTE DEUXIEME
SAUDANAPALE.
Eli bien ! remettez vos glaives dans le founeau. {Jrbaces et Salemènes remettent leur épée dans le fourreau.)
SALKMÈNF.S.
J ai obéi ! je vous conjure de garder la vôtre : il n'y a que ce sceptre qui puisse maintenant faire votre salut.
SARDANAPALE
C'est un sceptre trop lourd... la poignée d'ailleurs blesse ma main. [A un garde.) Tiens , soldat , reprends ton arme... Eh bien ! seigneurs , qu'est-ce que cela veut dire ?
BELÈSES
C'est au prince à répondre.
SALEMÈNES
De mon côté, fidélité; du leur, trahison.
SAUDANAPALE.
Trahison... Arbaccs ! trahison et Belèses ! je ne crois pas à cette alliance.
Où sont vos preuves ?
SALEMÈNES
Je répondrai , si le roi veut demander l'épée de ton compUce.
ARBACES, à Salemènes.
Une épée tirée jadis , aussi souvent que la tienne , contre les ennemis de son trône.
SALEMÈNES
Et maintenant contre son frère, et, dan# une heure, contre lui-même.
SARDANAPALE
Cela n'est pas possible; il n'oserait. Non... non!... je ne veux pas entendre de pareilles choses. Ces vaines querelles naissent dans les cours ; de bas Intrigans , de vils mercenaires vivent de calomnies contre le mérite. Vous avez été trompé , mon frère !
SALEMÈNES
D'i^bord , qu il rende son épée , qu'il se proclame votre sujet soumis par cet acte d'obéissance , et je répondrai à t(V't.
184 SARDANAPALE
SARDANAPALE
Ah! si je pensais... mais non, ce ne peut être : le Mède Arbaces... ce guerrier loyal , brave et fidèle , le meilleur capitaine de ceux qui disciplinent mes peuples... non , je ne lui ferai pas cet affront , de l'obliger à rendre un glaive qu'il ne rendit jamais à nos ennemis. Satrape , gardez votre arme. SALEMÈNES , rendant le sceau.
Sire , reprenez votre sceau.
Non, garde-le; mais uses-en avec plus de modération.
SALEMÈNES
Sire , je m'en suis servi pour votre honneur ; et je le rends , parce que je ne puis le garder. Donnez-le à Arbaces.
SARDANAPALE
Je le lui aurais donné , s'il me l'eût demandé.
SALEMÈNES
Ne doutez pas qu'il ne l'obtienne sans cette vaine forme de respect.
BELÈSES
J Ignore ce qui a si fortement prévenu le prince contre deux sujets dont le zèle est sans égal pour l'empire d'Assyrie.
SALEMÈNES
Silence! prêtre factieux et soldat traître! tu réunis en ta personne les plus grands vices des ordres les plus dangereux du genre humain. Garde tes paroles mielleuses et tes homélies perfides pour ceux qui ne te connaissent pas. Le crime de ton complice est au moins un ciùme hardi sans mélange des ruses que tu as apprises dans la Chaldée.
BELÈSES
Entends-le, mon souverain... fils de Bélus! il blasphème contreleculted'un empire qui seprosternadevanttes ancêtres.
SARDANAPALE
Oh! quant à cela, je vous prie de. l'absoudre : je dispense du culte des morts, sentant que je suis mortel , et croyant, d'après ce que je vois , que la race d'où je sors est... un monceau de cendres.