‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 106 sur 277 · ACTE DEUXIEME. IJl · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME. IJl

ARBACES

C'est là une idee de prêtre, et non celle d'un soldat.

liEI.ÈSES.

Appelez-lvT comme vous voudrez... trêve à ces querelh^s , écoutez-moi.

ARBACES

Non... votre esprit subtil est plus redoutable (ju une])hal.injïe.

KELÈSES.

S'il le faut... je uian^herai seul.

ARBACES

Seul ?

BELÈSES

Les troues ne peuvent contenir qu'un seul roi.

ARBACES

Mais celui d'Assyrie est occupé.

BELÈSES

Un troue où est assis un monarque méprisé est pire nue celui qui se trouve sans maître. Réfléchissez , Arbaces : j<' vous ai toujours aidé , chéri et encouragé ; je voulais vous servir, espérant servir en même temps l'Assyrie et la sauver. Le ciel lui-même semblait consentir , et tous les évènemens nous étaient favorables, excepté le dernier, qui vient de faire tomber votre esprit dans une lâche faiblesse ; mais moi , plutôt que de voir languir ma patrie , je veux être son libérateur ou la victime de son tyran, et peut-être l'un et l'autre comme il arrive quelquefois ; mais si je réussis, Arbaces est mon sujet.

ARBACES

t^otre sujet !

BELÈSES

Pourquoi pas ? Vaudrait-il mieux être l'esclave , l'esclave

pardonné de V efféminé Sardanapale ? ( Paw'a entre, )

PANIA

Seigneurs , je porte un ordre du roi.

]N^ous obéirons aussitôt qu'il sera connu.

192 SARDANAPALE

BELÈSES

Néanmoins sachons ce que c'est.

PANIA

Cette nuit même, et sans retarder, rendez-vous à vos satrapies de Babylon e et de Médie.

BELÈSES

Avec nos troupes i*

PANIA

Mon ordre s'adresse aux satrapes et aux gens de leur maison.

ARBACES

Mais...

BELÈSES

Il faut obéir... Va dire que nous partons.

PANIA

J'ai ordre de vous voir partir et non de porter votre réponse.

BELÈSES, apart.

Oui !... eh bien , nous allons vous suivre.

PANIA

Je me retire pour faire prendre les armes à la garde d'honneur qui convient à votre rang , et j'attendrai votre loisir pourvu que vous ne passiez pas l'heure. ( Pani'a sort. )

Maintenant obéirons-nous ?

ARBACES

Sans doute.

BELÈSES

Oui , jusqu'aux portes du palais qui est maintenant notre prison, pas au-delà.

ARBACES

Tu as dit vrai : l'empire dans toute son étendue ouvre des cachots à chaque pas pour toi et pour moi.

BELÈSES

Dis des tombeaux.

Page 1