‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 121 sur 277 · ACTE QUATRIÈME. iiti · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME. iiti

jouissions d'uno existence à part, différente de celle du ciel on de la terre... Oh ! plutôt la mort qu'une telle existence !

MYRRHA

Et la fin ?

SARDANAPALE

J étais devenu de marbre comme eux, quand le chasseur se leva et puis les autres. Il me sourit... oui, le visage gi« gantesque mais noble du chasseur me sourit ; je devrais dire ses lèvres, car ses yeux ne cessaient pas d'être immobiles... les lèvres flétries de la femme exprimèrent aussi une sorte de sourire. Tous deux se levèrent , et de chaque côté les spectres couronnés se levèrent aussi à 1 imitation de ces ombres plus puissantes... imitateurs même après la mort... seul je restai assis. Le courage du désespoir affermit tous mes membres... enfin je vins à ne plus craindre ces fantômes et à leur rire en face; mais alors... alors le chasseur posa sa main sur la mienne : je la pris et la serrai... mais cette main s'évanouit dans mon étreinte; il disparut lui-même, et ne laissa plus que le souvenir d'im héros.

MYRRHA

C'en était vui : 1 ancêtre d'une race de héros et le tien.

SARDANAPALE

Oui,Myrrha; mais la femme... la femme qui restait... elle s'élança sur moi , et brûla mes lèvres de ses bruyans baisers ; elle jeta les coupes que tenaient ses mains , et il me sembla (jue leurs poisons se répandaient par flots autour de nous jusqu'à former deux fleuves hideux. Cette femme me retenait ; les autres fantômes , tels qu'un rang de statues , restaient insensibles comme dans nos temples; mais elle ne cessait de m'embrasser, tandis que je cherchais à la fuir avec horreur, comme si, au lieu d'être son descendant éloigné, j'avais été le fils qui la poignarda pour son inceste... Ensuite... ensuite... succéda un chaos de choses affreuses, sans corps, et multipliées rapidement. J'étais sans vie, et je sentais... j'étais enseveli, et j'échappais à la mort, consumé par les vers, purifié par les flammes, évanoui dans les airs!

22i SvVRDANAPALE.

Je ne puis plus rien retracer dans mes pensées , si ce n'est que je soupirais après toi, que je te cherchais au milieu de cette agonie , lorsque je me réveillai et te trouvai près de moi.

MYRRHA

Tu m'y trouveras toujours, ici et dans l'autre monde, s'il en existe un autre. Mais ne pense pas à ces choses... simple produit des derniers évènemens sur un corps nullement habitué à la fatigue, et épuisé par des travaux qui auraient éprouvé les plus robustes.

SARDANAPALE

Je suis mieux... maintenant que je te revois... ce quey'rtt vu ne me semble rien. ( Salemènes entre.)

SAIiEMÈNES.

Le roi est-il déjà réveillé ?

SARDANAPALE

Oui, mon frère , et je voudrais n'avoir pas dormi , car tous les rois mes ancêtres m'ont apparu, je crois, pour m'attirer à eux. Mon père était aussi parmi eux • mais lui , je ne sais pourquoi, se tenait à l'écart, me laissant entre le chasseur qui fonda notre race et cette reine... la meurtrière de son époux, que tu appelles glorieuse.

SALEMÈNES

Je vous donne aussi à vous ce titre , maintenant que vous avez montré une âme semblable à la sienne. Au point du jour je propose de sortir et d'aller attaquer les rebelles qui se recrutent encore, repoussés, mais non détruits.

SARDANAPALE

OÙ en est la nuit ?

Il reste encore quelques heures d'obscurité, profitez -en pour vous reposer.

SARDANAPALE

Non... pas pour cette nuit si elle n'est pas finie. Je croyais que cette vision avait duré des heures.

MYRRHA

A peine une heure ; je veillais près de vous; c'était une heure pénible , mais ime heure seulement.

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