ACTE QUATRIÈME
SARUANAPALE.
Partez donc... si nous nous revoyons jamais , peut-être serai-je plus digne de vous; et si c'est pour toujours... souvenez-vous que, si mes fautes ne sont pas réparées... elles sont du moins finies. Je crains cependant que tu n'aies plutôt à pleurer sur le nom flétri et les cendres de celui qui fut jadis tout-puissant en Assyrie... que... Mais je peids encore mon courage , et je dois apprendre à être ferme maintenant. Mes fautes ont toutes été celles de la faiblesse... Cache tes larmes... je ne te dis pas de n'en pas verser... il serait plus facile d'arrêter l'Euphrate à sa source , qu'une seule larme d'un cœur tendre et fidèle ; mais que je ne les voie pas ; elles m'énervent lorsque je viens de m'armer d'une force qui me régénère... Mon frère, conduis-la.
ZARINA
O Dieu ! je ne le verrai plus !
SA.L.BMàis^s j s'effb/rant de P entraîne?'. Allons, ma sœur, je dois être obéi.
ZARINA
Je dois rester... retirez-vous, je ne vous suivrai pas. Quoi !... mourrait-il seul... et vivrais-je seule.i'
SALEMÈNES
Il ne moioTa pas seul. Mais vous , vous avez vécu seule pendant des années.
ZARINA
Fausseté! je savais qu'?7 vivait , et je vivaisavec son image,.. Laissez-moi...
SALEMÈNES, V entraînant.
Il faut donc que j'emploie une violence que vous pardonnerez à l'affection d'un frère.
ZARINA
Jamais. A mon secours ! O Sardanapale , me laisseras-tu arracher à toi.''
SALE3IÈNES.
Tout est encore perdu si nous perdons ce moment.
23i SARDANAPALE.
ZARINA
M;i tête tourne... mes yeux s'affaissent... Où est-il?
[Elle s'éuanouit.) SARDANAPALE , s^asHuiçant.
Non... déposez-la... Elle est morte... et vous l'avez tuée.
SALEMÈNES
Ce n'est que l'épuisement d'un excès de douleur: l'air la fera revenir à elle... Je vous en prie, retirez-vous... (^ part.) Il faut profiter de ce seul instant pour la transporter sur la galère royale où ses enfans sont embarqués.
(Salemènes la transporte?)
SARDANAPALE , Seul.
Voilà encore... voilà ce qu'il me faut souffrir... moi qui ne fis jamais à dessein gémir un seul cœur! Que dis-je ? elle m'aimait, et je l'aimais. Passion fatale! pourquoi n'expiraistu pas en même temps dans les deux cœurs que tu avais embrasés à la fois? Zarina, je paie chèrement le désespoir qui est devenu ton partage. Si je n'avais jamais aimé que toi, j'aurais été le monarque respecté de mes peuples obéissans ! A quel abîme un seul pas hors des sentiers du devoir conduit même ceux qui peuvent réclamer l'hommage du genre humain comme un droit de leur naissance , et qui le perdent bientôt par leur faute ! (^Myrrha entire. ) Vous ici ! qui vous appelle ?
MYRRHA
Personne... mais j'ai entendu de loin une voix de douleur et de lamentation, et je pensais...
SARDANAPALE
Aucun devoir ne vous oblige d'entrer ici sans qu'on vous demande.
Je pourrais rappeler quelques mots plus tendres de votre bouche; c'étaient aussi des reproches que vous m'adressiez pourtant, parce que j'avais craint de me rendre coupable en venant à vous sans être demandée. Mais je résisterai à mon propre désir et à cet ordre que vous m'aviez donné de