‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 127 sur 277 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

iii'appiocher de vous en tout temps et en présence de qui que ce pût être: je nie retire.

SARDANAPALE

Non , restez... puisque vous êtes venue... Pardonnez-moi , je vous prie: les évènemens ont aigri mon humeur... n'y faites pas attention , je redeviendrai bientôt moi-même.

MYRRHA

Je le verrai avec plaisir... je l'attends avec patience.

SARDANAPALE

Un moment avant votre entrée dans cette salle , Zarina , la reine d'Assyrie, en sortait.

MYRRHA

Ah!

SARDANAPALE

Pourquoi tressaillir ?

MYRRHA

Ai-je donc tressailli ?

SAIIDANAPALE.

Il est heureux que vous soyez entrée par une autre porte , vous l'auriez rencontrée... Cette douleur du moios lui est épargnée.

MYRRHA

Je sais la plaindre.

SARDANAPALE

C'est trop , et contre nature... ce sentiment n'est point réciproque ni même possible... vous ne sauriez la plaindre. Elle ne peut que...

iMYRRHA.

Mépriser l'esclavii favorite. Eh bien!... pas plus que je me suis méprisée moi-même.

SARDANAPALE

Méprisée! quoi ! vous , l'envie de votre sexe.., et qui régnez sur le cœur du nuiît/e du monde ?

MYRRHA

Seriez-vous le roi de vingt mille mondes... comme vous êtes sur le point de perdre le seul que vous gouvernez... je

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m'avilirais autant en étant votre maîtresse que si vous n'étiez qu'un pauvre paysan... je dis plus, si vous étiez même un paysan grec.

SARDANAPALE

Vous parlez bien...

MYRRHA

Je dis vrai.

Quand vient l'heure de l'adversité, tout s'arme d'audace contre le malheureux; mais, comme je ne suis pas tout-àfait tombé , ni disposé , quant à présent , à souffrir des reproches, peut-être parce que je n'en mérite que trop... séparons-nous lorsque la paix existe encore entre nous.

MYRRHA

Nous séparer!

SARDANAPALE

Tous les cœurs qui s'aimèrent jadis ne sont-ils pas séparés , et ceux d'aujourd'hui ne le seront-ils pas un jour ?

MYRRHA

Mais pourquoi?

SARDANAPALE

Pour votre sûreté; j'ai pensé à vous donner une escorte jusqu'à votre patrie. Si vous n'avez pas été tout-à-fait reine, vous emporterez assez de présens pour avoir une dot égale au prix d'un royaume.

MYRRHA

Je vous prie de changer d'entretien.

SARDANAPALE

La reine est partie ; vous ne devez pas avoir honte de la suivre : je voudrais succomber seul. Je ne veux que des compagnons de plaisir.

MYRRHA

Et moi d'autre plaisir que celui de ne pas vous quitter. Vous ne me ferez pas éloigner par la violence.

SARDANAPALE

Pensez-y bien : avant peu ce sera peut-être trop tard.

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