‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 128 sur 277 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

MYRRIIA.

Pli\t au ciel !... car alors vous ne pourrie/ lue séparer de vous.

SARDANAPALE

J y consens, mais j'aurais cru que vous le désiriez.

MYRRHA

Moi!

SARDANAPALE

Vous parliez de votre avilissement.

MYRRHA

Et je le sens... plus vivement que tout au monde, except-é l'amour.

SARDANAPALE

Fuyez-le donc.

MYRRHA

Je n'abolirai pas le passé... rien ne me rendra mon honneur ni mon cœur. Si vous triomphez, je vis pour jouir de votre grande victoire j si votre sort est différent, je ne verserai pas de larmes... je le partagerai. Vous ne doutiez pas de moi il y a quelques heures.

SARDANAPALE

De votre courage, jamais... de votre amour, ù présent pour la première fois ; et vous seule avez pu m'en faire douter... ces paroles...

MYRRHA

N'étaient que des paroles... cherchez les preuves dans la conduite que vous avez daigné louer cette nuit, et dans celle que je tiendrai quel que soit votre destin.

SARDANAPALE

Je suis satisfait : et, me confiant à la bonté de ma cause, je pense que nous pouvons encore être vainqueurs et ramener la paix... seule victoh-e que j'ambitionne; pour moi la guerre est sans gloire... le triomphe sans renommée. Etre forcé de soutenir mon droit avec les armes me déchire plus le cœur que tous les outrages dont les rebelles voudraient m'accabler. Jamais , jamais je n'oublierai cette nuit , quand je devrais vivre pour la graver dans le souvenir des autres. Je

288 SARDANAPALE

croyais avoir fait de mon règne tranquille une ère de paix au milieu de nos sanglantes annales , un oasis de verdure au milieu des déserts des siècles ; époque sur laquelle la postérité aurait tourné ses regards en souriant , heureux de la perpétuer , ou en soupirant quand elle n'aurait pu rappeler l'âge d'or de Sardanapale. Je pensais avoir fait de mon royaume un paradis , et de chaque lune un renouvellement de plaisirs. Je prenais les clameurs de la populace pour des cris d'amour... la voix de mes amis pour celle de la vérité.... les lèvres de la ferarae pour ma digne récompense... oh ! oui, c'en est une , ma Myrrha... embrasse-moi. ( // V embrasse. ) Qu'ils m'arrachent maintenant mon royaume et ma vie... ils auront l'un et l'autre \ mais toi , jamais.

MYRRHA

Non , jamais. L'homme peut dépouiller son semblable de tout ce qu'il appelle éclat et grandeur... les trônes peuvent s'écrouler... les armées être battues... les amis se retirer... les esclaves fuir... tous enfin peuvent trahir... et les premiers sont quelquefois les plus... chargés de bienfaits... tous, excepté le cœur qui aime sans intérêt ; tel est le mien... Eprouve-le.

( Salemènes entre. )

SALEMÈNES

Je vous cherchais... Comment! elle est encore ici?

Ne recommence pas tes reproches... il me semble que ton visage m'annonce des évènemens plus importans que la présence d'une femme.

SALEMÈNES

La seule femme qui m'intéresse dans un tel moment est en sûreté... la reine est sur le vaisseau.

SARDANAPALE

Est-elle bien ? parle.

SALEMÈNES

Oui. Sa faiblesse passagère est dissipée; du moins une douleur muette lui a succédé. Après avoir jeté un coup d'œil sur ses enfans endormis , elle a fixé ses regards sur les tours

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