ACTE CINQUIEME. :>ô
d être puni si je m'y refusais , comme mon ob<ussance m'expose à l'être ici.
SAUDANAPAI-E.
Ces monarques d'une heure sont donc déjà aussi despotes que des souverains dont les langes furent de poui'pre, et qui ont vécu sur le trône depuis leur naissance !
LE HÉRAUT
Ma vie dépend d'un mot de votre bouche ; mais votre propre vie (je le dis avec humilité)... peut-être votre vie est dans un danger non moins imminent. Serait-il digne de la dernière heure d'vm descendant de Nemrod de faire périr un paisible héraut, sans armes, et dans l'exercice de sa mission, violant ainsi , non seulement tout ce que l'homme regarde comme sacré... mais encore ce lien plus saint qui nous unit aux dieux ?
SARDANAPALE
Il a raison... Qu'il soit libre... le dernier acte de ma vie ne sera pas un acte de colère. Approche, héraut, prends cette coupe d'or (// lui donne une coupe qiC il prend sur une table j-^ garde-la pour ton usage et pour te souvenir de moi... ou bien fonds-la en lingots si tu tiens davantage à son poids et à sa valeur.
LE HÉRAUT
Acceptez mes doidjles actions de grâces pour m'avoir conservé la vie et pour ce magnifique don qui me la rend plus précieuse. Mais porterai-je une réponse ?
SARDAXAPALE.
Oui... je demande une heure pour v réfléchir.
LE HÉRAUT
Rien qu une licure ?
SARDANAPALE
Une heure : si à l'expiration de ce terme tes maîtres ne reçoivent pas d'autre réponse de moi , ce sera la preuve que je rejette leurs conditions; qu'ils agissent comme il leur conviendra.
?56 S A KD AN A PALE.
I,E HÉRAUT
Je ne manquerai pas d'exprimer fidèlement votre vo^ lonté.
SARDANAPALE
Écoute !... encore im mot.
LE HÉRAUT
Quel qu'il soit , n'importe , je ne l'oublierai pas.
SARDANAPALE
Salue de ma part Belèses , et dis-lui qu'avant une année je lui donne rendez-vous ici.
LE HÉRAUT
Où?
SARDANAPALE
A Babylone : c'est de là du moins qu'il partira pour se rendre auprès de moi.
LE HÉRAUT
Je vous obéirai à la lettre. ( Il sort. )
SARDANAPALE
Pania !... Maintenant, mon cher Pania... hàtez-vous d'exécuter mes ordres.
PANIA
Seigneur... voici les soldats. ( Les soldats entrent et Joignent un hucher autour du trône. )
Plus haut , mes braves guerriers , et mettez assez de bois pour que les fondemens fournissent une flamme qui ne périsse pas faute d'alimens , ou qu'aucun secours officieux ne puisse éteindre ; que le trône forme le cœur du bûcher. Je ne voudrais pas en laisser approcher les nouveaux venus qu'il ne soit entouré d'un feu inextinguible. Disposez tout comme s'il s'agissait d'embraser la forteresse de nos ennemis... Maintenant il prend quelque apparence... Dites-moi, Pania , ce biicher suffira-t-il pour les funérailles d'un roi ?
PANIA
Oui, et pour relies dun rovaume; je vous comprends maintenant.