‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 164 sur 277 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ou la faim tonroncl tout dans un seul besoin vulgaiie, et, lëduisant 1 homme à la loi première, celle de se nourrir au prix de ses sueurs, écarte toutes les passions, excepté la peur de la famine. Tout est vil , faux et vide... tout n'est qu'une vaine argile, depuis le premier homme jusqu'au dernier... l'urne du prince et le vase du potier. Notre gloire est fondée sur le souffle des hommes , notre vie de même ; sa durée sur des jours, nos jours sur les saisons, tout notre être enfin sur quelque chose qui n'est pas nous... Nous sommes donc esclaves , les grands comme les petits... rien ne découle de notre volonté... notre volonté elle-même ne dépend pas moins d'un fétu de paille que d un orage; et, alors que nous croyons conduire les autres, nous sommes conduits nous-mêmes vers la mort, qui arrive indépendamment de notre choix et de notre acte, ainsi que la naissance. Voilà ce qui me fait croire que nous devons avoir péché dans quel- ([ue ancien monde, et que celui-ci est un enfer... heureusement il n'est pas éternel.

Voilà des choses dont nous ne pouvons juger sur la terre.

LE DOGE

Et comment nous jugerons-nous les uns les autres , nous qui sommes tous formés de la terre , et moi qui suis appelé à juger mon fils? J'ai gouverné ma patrie fidèlement... victorieusement; j'en invoque la preuve, le tableau de ce qu'elle était et celui de ce qu'elle est; mon règne a doublé ses domaines; et, en récompense, Venise reconnaissante m'a laissé ou va me laisser seul.

-MARINA

Et Foscari .i' j oublierai tout si l'on me laisse avec lui.

LE DOGE

On vous y laissera; ils ne pourront le refuser.

MARINA

Et s'ils me le refusent, je fuirai avec lui,

LE DOGE

Chose impossible! et ou fiiiriez-\ nus ?

MARINA

Je ne sais, peu m importe... en Syrie, en Egypte, chez les Ottomans, partout, pourvu que nous respirions sans être enchaînés , sans être entourés (Fespions, et exempts des edits des inquisiteurs d'Etat.

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