‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 166 sur 277 · I.E DOGE · texte numérisé non relu

I.E DOGE

Gela veut dire que je suis citoyen avant tout. Si nous n avionspas eu pendant plusieurs siècles des milliers de citoyens semblables, Venise ne serait plus. Nous en aurons toujours, j'espère.

MARINA

Maudite soit la ville dont les lois voudraient étouffer celles de la nature !

LE DOGE

Si j'avais autant de fils que j'ai d'années, je les aurais donnes, non sans douleur, mais je les aurais donnés tous à l'Etat, pour le servir sur mer et sur terre, ou pour lui obéir, s'il le fallait encore , hélas ! dans l'ostracisme , l'exil , les fers, et tout ce que décréterait la volonté de Venise.

MARINA

Et voilà le patriotisme! c'est à mes yeux la dernière barbai'ie. Laissez-moi voir votre fils. Le vénérable conseil des Dix, malgré sa jalouse cruauté, persécutera-t-il une faible femme jusqu'à lui refuser l'accès du cachot de son époux;'

LE DOGE

Je prendrai sur moi de donner l'ordre de vous y laisser pénétrer.

Et que dirai-je à Foscari de la part de son père?

LE DOGE

Qu'il obéisse aux lois.

MARINA

Et rien de plus? Ne le verrez-vous pas avant son départ ? Ce sera peut-être la dernière fois.

W1 LES DEUX FOSCARi.

LE DOGE

La dernière.., mon fils... la dernière fois que je rerrai le dernier de mes enfans! Dites-lui que j'irai. (Ils sortent.)

Page 1